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Voilà plus d’un mois que nous sommes rentrés, et nous avons seulement commencé à réaliser le bilan de cette aventure…
Une partie de nous avait du mal à s’y mettre, car qui dit bilan dit fin. Mais également car quel qu’il soit, ce bilan ne pourra pas révéler l’intensité des émotions vécues, et ce sentiment, assez indéfinissable, d’être chaque jour chez nous et ne plus raisonner en termes de frontières, ou de distances par rapport à un hypothétique chez soi. Cette sensation était incroyable, en particulier en été et début d’automne où les nuits restaient suffisamment chaudes pour les aborder sans crainte. Voici donc quelques nuances de nos diverses nuits.












Mais comme il faut bien un bilan, nous l’aborderons selon quatre thèmes : matériel, physique, mental et financier.
Bilan matériel
Notre matériel de randonnée, de qualité, a bien résisté. La tente a essuyé quelques griffures de chat, sans baisser sa rigidité. Au niveau des vêtements, nous avions eu beau envisager l’hiver et la pluie; mais nous avons dû un peu investir dans des surgants imperméables afin de garder les doigts au sec quelques heures de plus.

Les vélos ont bien résisté 10 000 kms… mais pas tellement plus! PJ a perdu son moteur peu après l’arrivée en France, et Sandrine juste avant l’arrivée finale. Nous avons une légère déception sur ce point (malgré le professionnalisme de Déclic Eco qui a remplacé gratuitement le moteur de la roue de Pierre-Jean). Nous aurions bien aimé continuer d’autres voyages avec ces vélos, et songeons finalement à les remplacer pour d’autres aventures! Pas grave, nous avons vécu 5 mois et demi exceptionnels!

Bilan physique
Nous ne nous sommes pas blessés, à l’exception d’une côte sur une barre métallique en Roumanie et des bleus éphémères sur les jambes. Par contre, en fin de voyage, nous avons noté que nos corps devaient être fatigués, entre douleurs au dos, à l’aine pour PJ en descendant du vélo, ou tout simplement aux jambes et aux bras. C’est simple, le lendemain de notre arrivée, nous étions déjà chez la chiropractrice! (Merci Cathy :)) Et il nous a fallu au moins deux semaines avant de pouvoir se remettre au sport, avec quelques douleurs au genou.

Bilan mental
A part une mise en route très légèrement difficile au tout début du voyage, notre mental a toujours été bon, et nous nous sommes découverts des ressources mentales insoupçonnées. Nous qui avions du mal à prendre des décisions, nous avons su changer tous nos plans pour traverser en urgence la Hongrie pour éviter la fermeture des frontières. Nous avons aussi réussi à nous faire souvent inviter dans les jardins des gens, et au bout d’un moment chez les gens en Europe de l’Est, alors que nous étions très gênés au début du voyage, nous sentant peu légitimes à demander. Puis au bout d’un moment, c’est venu naturellement. La tombée de la nuit et du froid a quand même pu générer quelques tensions entre nous, souvent dissipées une fois un abri trouvé.
A noter qu’il y a eu plusieurs phases pendant le voyage:

Bilan financier
Sans doute le bilan le plus aisé à réaliser, et pourtant celui qui pour nous reflète le moins le voyage. Nous n’avons pas cherché à économiser à tout prix, et ne nous sommes pas lancés dans une course au budget le plus faible. Ce n’est pas notre vision du voyage. Et comme nous avions prévu un budget pour 14 mois, avec de nombreux visas payant, le passage à un séjour en Europe de 6 mois a forcément beaucoup réduit les coûts. Nous ne voulions pas dormir toutes les nuits en hôtel (que nous avons évité au maximum, sauf dans les grandes villes d’Europe de l’Est), souhaitant le contact avec les locaux; mais dans le même temps si nous avions envie d’une gauffre ou d’une glace à 16h, nous craquions plutôt que de nous limiter à nos barres de céréales / pain (et c’étaient toujours de bons investissements, comme vous pouvez voir!)






Mais au final, nos coûts sont restés limités, avec une moyenne de 13€/jour/personne, avec de fortes disparités par pays. Par exemple, à l’aller en France, nous n’osions pas encore aborder les gens et avons dormi en campings payants. Également, en Slovaquie et Hongrie, pressés par les événements, nous avons préféré réserver des hôtels et avancer jusqu’à la nuit tombée (voire au-delà) plutôt que de nous arrêter avant et risquer d’être bloqué à la frontière. C’est également le cas au Monténégro, où nous avions peur que l’UE ferme ses portes, et avons préféré louer une voiture pour aller explorer les montagnes. En Roumanie, après avoir été choqués par un grave accident qui s’est produit juste devant nous, nous avons dormi 3 nuits à l’hôtel car nous n’arrivions pas à nous remettre pleinement dans le voyage, et avions besoin d’un peu de normalité pour faire le point, retravailler notre itinéraire pour éviter encore plus les grands axes, et tout simplement nous reposer. Parfois, en arrivant dans un nouveau pays, si nous trouvions un hôtel bon marché, nous y allions car nous n’arrivions pas encore à échanger avec les locaux, et ne connaissant pas les us et coutumes, nous préférions éviter de camper et de gêner ou choquer. C’était aussi une façon de finir d’assimiler tout ce que nous avions vécu dans le précédent pays, et se préparer pour le nouveau. Enfin quand le temps froid arrivait, il nous est arrivé (ça se compte sur les doigts d’une main), que devant le refus des gens, nous décidions de prendre un hôtel. En effet, fatigués, nous sentions parfois qu’un rhume arrivait, et nous ne voulions pas gâcher une partie de notre voyage avec une bonne crève (surtout vu la situation sanitaire actuelle!).

L’aspect financier permet donc de prévoir le budget prévisionnel, mais ensuite il faut savoir se faire plaisir, même si le coût semble disproportionné par rapport à nos habitudes de voyages. Pour nous l’exemple le plus fragrant a été les murailles de Dubrovnik, à 25€ chacun. La ville était si belle et les murailles si vides que nous avons voulu vivre ce moment, même s’il explosait notre budget de la journée.
NB: à noter que nous avons été surpris par la quantité d’hôtels dans lesquels nous avons dormi: il a fallu 45j pour notre premier hôtel… Sur le retour, et notamment en Europe de l’Est, les prix étaient si bas que parfois nous préférions prendre un hôtel, notamment dans les grandes villes, mais également car parfois, après avoir vécu deux ou trois très belles expériences, nous avions ce besoin qui peut sembler paradoxal de juste se retrouver à deux, écouler notre nourriture, et surtout recharger nos esprits après certains aurevoirs plus durs que d’autres

Au total nous avons dépensé 4400€ pendant le voyage (sans les vélos et l’équipement de départ). La plus grande partie des dépenses a été la nourriture, pour près de la moitié. Viennent ensuite les hôtels, très inégalement répartis sur la durée de notre voyage. Le gros quart restant est réparti pour moitié par des visites touristiques et l’achat de quelques rares souvenirs (épices, musique), et l’autre moitié par les campings et l’équipement manquant (principalement la réparation du réchaud et l’achat des vêtements de pluie qui nous manquaient).
Au final le coût principal reste l’équipement initial: 3000€ pour les vélos, 6000€ pour les panneaux solaires, moteurs et batteries, 300€ pour les bagages de vélo… et évidemment un coût important pour de bons vêtements techniques (que nous avions déjà). Raison pour laquelle nous ne faisons pas de bilans sur ce point. Il est rare de s’engager dans un tel voyage sans avoir au préalable déjà fait quelques autres excursions, et donc de commencer à « nu » et devoir absolument tout acheter avant le voyage.

Et enfin vient la répartition de nos différentes nuits. En orange sont les nuits qu’on a du payer, pour un prix compris entre 50€ (deux fois: la première car il était obligatoire de réserver un hôtel pour valider un formulaire Covid et rentrer dans le pays, et la deuxième après une heure passée avec des carabiniers très gentils qui nous y ont escorté après qu’un habitant les a appelés après nous avoir vus, et nous avons préféré payer un hôtel qu’une éventuelle amende) à 50 centimes (un super camping en Roumanie où des chiens errants ont marqué leur territoire sur notre tente…). Et les nuits gratuites nous ont révélé mille et uns souvenirs gravés dans nos mémoires, et tout autant de belles anecdotes.

Autres données :
Pays visités :18
Frontières franchies : 21
Jours sur le vélo : 139/163
Crevaisons : 4 (dont 3 au retour en France pour Sandrine)
Chutes : 3 pour PJ et Sandrine a arrêté de les compter…
Accidents : 0
Rhume / gastro / tourista : 0,5
Covid : 0
Pays le + cyclable : Pays-Bas (2è position pour la Belgique et 3è position pour l’Allemagne)
Pays le – cyclable : Roumanie (Ils roulent vite sur certains axes et nous avons été témoins d’un accident qui s’est produit juste devant nous)
Pays le + accueillant : Bulgarie (Italie en 2è position)
Pays le + pauvre : Albanie pour Pierre-Jean, Bulgarie pour Sandrine
Enfin, inutile de nous demander LE pays que nous avons préféré car dans tous il y a des côtés que nous avons adorés et que nous avons moins aimés. C’est une question à laquelle nous ne pouvons pas répondre !
Et pour finir, nous remercions tous nos soutiens: notre famille, nos amis, nos anciens ou actuels collègues, les inconnus sur le blog ou Instagram qui ont su nous motiver par leurs messages; bien évidemment toutes les personnes qui nous ont accueillies chez elle le temps d’un soir, et également nos sponsors: Globedreamers, Declic-Eco, Feel Free, Mood Office et AVI l’assurance internationale. Et mention spéciale à notre donatrice française à Dubrovnik! Et un grand merci à Quentin, alias Ride For Life, pour les nombreuses rencontres à travers l’Europe de l’Est qui ont égayé notre voyage, et aidé à nous y retrouver parmi toutes les modalités Covid!

Depuis notre départ, nous avons souvent eu l’impression qu’un petit ange veille sur notre voyage. En effet nous n’avons jamais eu de soucis, de mauvaises rencontres, ou été malade. Le voyage nous a évidemment réservé des chutes, une crevaison, des nuits froides et des journées pluvieuses, mais rien d’insurmontable. Lors du passage de frontière, on se dit, tacitement pour ne pas se porter malheur, que nous avons probablement fait le plus dur sur beaucoup de sujets. Nous redoutions le froid, la pluie, le fait de ne pas pouvoir se poser et se réchauffer le midi. Mais à part ça, nous sommes en France, les routes sont bonnes, il n’y aura plus de soucis de langue… Une affaire qui, en principe, doit rouler ! Et effectivement, les deux premiers jours se passent bien. Nous sommes arrivés en France le 25 novembre, soit la veille du déconfinement partiel, où les attestations et les distances kilométriques étaient en vigueur. A la frontière, la gendarme qui vérifie nos papiers nous confirme que selon elle, nos vélos ne rentrant ni dans un train ni en avion, rentrer chez nous à vélo est bien un motif impérieux. Mais, précise-t-elle, c’est à l’appréciation du gendarme ou policier car la loi n’est pas claire sur le sujet.



Malgré cette situation sanitaire, nous sommes accueillis à Nice et à Saint-Raphaël par deux membres de la communauté Warmshowers. Nous veillons au respect de la distanciation et au port du masque, et passons deux beaux moments.






Puis vient le moment des premières retrouvailles avec la famille, chez l’oncle (et parrain) et la tante de Pierre-Jean. Jusque là, rentrer en France ne nous avait pas déclenché de grosses émotions, nous restons en mode voyage ; et notre potentiel enthousiasme est freiné par la situation sanitaire. Mais là nous allons retrouver des gens importants pour nous, et non pas des inconnus, qui seront si importants le temps d’un soir, mais qu’il faudra quitter dès le lendemain, souvent avec la certitude de ne jamais se revoir. Nous avons hâte ! Et à 8 kms d’arriver, Pierre-Jean a de plus en plus de soucis avec sa roue arrière, qui frotte contre le patin de frein. Il regarde, et desserre complètement le frein pour réparer une fois arrivé. Sauf que ça frotte encore… Il démonte, et se rend compte que c’est l’axe de la roue moteur qui est cassé. La nuit tombe, ça semble irréparable. Nous appelons donc notre famille, qui vient récupérer PJ et le vélo, pendant que Sandrine finit à la lumière des phares… Le lendemain, nous apprenons auprès de Déclic Eco que la pièce est réputée incassable, et qu’il nous renvoie donc un moteur gratuitement. C’est une bonne nouvelle, mais le colis met 4j à arriver, puis il faut récupérer les rayons et la jante de l’ancienne roue et les mettre sur le nouveau moteur.


Apprendre à le faire aura été un des bons points de cette casse. Car autrement, nous avons rongé notre frein : au début nous étions content de pouvoir nous poser, mais ensuite nous voulions pouvoir repartir. Proches de l’arrivée, nous étions conscients que notre volonté pouvait baisser, ou la météo se dégrader. Nous repartons donc un 4 décembre à 15h30. Nous sommes pressés de nous remettre dans le sens du voyage, tant que nous partons alors qu’il reste à peine 2h de jour. Nous avons prévu de rouler environ 40 kms, et roulons au maximum de nos possibilités pour profiter au maximum de la luminosité. Sauf que le soleil finit par se coucher, et nous continuons d’avancer dans la pénombre, alors que clairement nous devrons à un moment mettre nos frontales. Et ce qui devait arriver arriva : Sandrine ne voit pas un nid de poule et tombe brutalement. Outre le choc qui lui bloquera la cheville pendant la soirée, son pneu avant est crevé, et la jante est même abîmée ! On réserve une chambre d’hôte située à 300m, et passons la soirée à changer le pneu, sans savoir si nous reprendrons le voyage. Il pleut, il fait froid, la température dans le logement est de 12° avec le chauffage… Nous sommes abattus par la somme des soucis rencontrés en 40 kms, et ne sommes pas sûrs que remonter la France en vélo vaille toutes ces peines. Tant bien que mal, nous réussissons à allumer le sauna jouxtant notre logement, et nous nous y réfugions pour être au chaud. Le lendemain, nous sommes déjà de meilleure humeur. La cheville de Sandrine s’est en partie débloquée et elle n’a pas de douleurs suspectes. Ce ne sera donc pas un abandon médical. Nous prévoyons de rouler 10 kms jusqu’à un Décathlon pour remplacer son rétroviseur qui a explosé lors du choc, et s’équiper en sur-gants et voir si le vélo va bien, notamment la direction. Tout se passe bien, et nous décidons donc de rouler jusqu’à Arles, même si à 13h nous sommes à environ 70 kms. Et nous y parvenons !



S’ensuit une journée de répit, dans le froid, à traverser la Camargue et longer l’étang de Thau, et s’extasier devant les taureaux dans les manades, ou les flamands roses.



Mais il était dit que la remontée de la France serait tumultueuse. Nous voulons suivre le canal du midi, qui en cette saison pluvieuse est par endroits très boueux ou en travaux. Nous en venons à rouler dans un champ et couvrir nos vêtements de boue. Nous perdons du temps, et décidons de confier la navigation à Google Maps… Grosse erreur : ça fonctionne en ville, pas à la campagne. Cela nous mène à nouveau dans des sentiers boueux, et d’un coup, au milieu des champs, la chaîne de Pierre-Jean se bloque, impossible de la faire tourner. Il est alors 16h30… Nous sommes devant une maison de vignerons, qui viendra nous dire que plus loin c’est impossible de circuler, mais donne également de (mauvais) conseils sur comment réparer, tout en précisant qu’il n’y connaît rien en vélo, avec PJ qui essaie de comprendre l’origine de la panne, décharge tout et met le vélo à l’envers dans la boue, tout en se disant que le voyage s’est peut-être terminé si c’est trop grave ou trop cher à réparer. Au bout d’une heure, il comprend que la cassette a mal été fixée sur la roue libre en montant la roue, et qu’en se mettant en travers elle a bloqué la chaîne.



Bref, à 17h45, il fait nuit, il pleut, nous sommes dans un chemin boueux, avec 37 kms jusqu’à notre hôte, et la batterie quasiment vide… Il nous faudra 3h pour couvrir la distance, et nous avons la chance d’avoir une hôte compréhensive, qui nous attend avec une soupe chaude, et qui nous a préparé 4 pains pour nous donner des forces le lendemain. Ce lendemain, cela devrait être une journée paisible, avec peu de dénivelée, et seulement 70 kms à couvrir. C’était sans compter sur la tramontane qui souffle face à nous, avec des rafales à plus de 60 km/h. Nous nous épuisons à rouler à 10 km/h, alors qu’en temps normal nous aurions pu en faire le double. Le temps est si mauvais que notre hôte du soir considère le temps non cyclable, et s’est proposé de venir nous chercher. Au bout d’un moment, on cesse de réfléchir, on fait le dos rond et on avance, km par km. Nous arrivons à nouveau alors qu’il fait nuit noire, et devant notre état, nos hôtes nous proposent de passer une journée complète avec eux. Nous déclinons, étant attendus par un autre oncle à Pierre-Jean le lendemain. Nous profitons d’une après-midi de calme pour tracer et rejoindre Toulouse, puis sous la pluie nous atteignons Montauban.





Notre malchance semble s’être calmée, et nous repartons confiants. Au bout de 5 kms, le pneu de Sandrine perce ! Nous réparons, mais nos 3 chambres à air sont percées : nous avons tant crevé ces derniers temps que nous n’avons pas pris le temps de remettre des rustines, arrivant toujours tard le soir. Nous remettons la chambre à air avec une crevaison lente qu’on avait essayé de réparer sans réussir. On regonfle, Sandrine fait 5m et est à plat… Nerveusement, nous sommes épuisés, c’est au tour de Sandrine de se dire que le voyage est fini, n’en pouvant plus des casses à répétition. On regonfle à nouveau et on peut repartir. Toute la journée, la pluie viendra nous taper le crâne et refroidir nos esprits échaudés. Heureusement, comme chaque soir, nous pouvons compter sur des hôtes fabuleux, qui nous remontent le moral. Autant la météo ne nous aura pas permis de profiter des paysages français, autant les échanges auront été riches. Nous avons la chance d’être invités le temps d’un soir dans l’intimité d’une famille, d’un couple… et chaque soir nous avons pu échanger sur l’environnement, la vision du voyage, voir comment les enfants sont élevés, … Nous nous sommes considérablement enrichis au contact de chacun, et nous chevillons cette pensée positive pour trouver la force d’avancer. Après chaque journée, aussi éprouvante soit-elle, un foyer nous attend. Également, nous recevons énormément d’encouragements de nos familles ou de nos amis, ce qui nous pousse à boucler la boucle, afin de clôturer le voyage, sans abandonner juste parce que pendant quelques jours, nous avons eu une météo exécrable et une chance absente ! Le lendemain, et pendant une semaine, tout s’améliore. Nos vélos cessent de perdre des pièces, le soleil refait de timides apparitions, les températures remontent un peu.





Nous avons également réduit notre kilométrage quotidien, passant de 90-100 à 70-90. Au moins, même avec un imprévu mineur, nous finissons avant la tombée de la nuit. Nos humeurs s’améliorent, et nous nous remettons à chanter à vélo, à rouler sans penser à rien, juste au plaisir d’être là et de découvrir de nouveaux endroits chaque jour. Parfois nous versons une petite larme d’émotions, en souvenir de tous ces beaux moments vécus. C’est ainsi que nous arrivons à Rennes, veille du terme du voyage. Nous sommes excités, et enfin nous envisageons de finir le voyage.



A notre échelle, c’était un vrai défi, et nous sommes fiers de presque y être ! Nous passons la soirée avec des amis, et avons hâte d’être au lendemain, en famille ! Au dernier matin, nous voyons que le pneu de Sandrine s’est dégonflé. Ca se regonfle, fantastique ! Pierre-Jean a perdu une vis du porte-bagage. Mais tant pis, ça tiendra la journée. Nous partons donc le long de la Rance, et la sortie de Rennes se déroule parfaitement. Lors de notre pause midi, à 33 kms de la fin, nous appelons nos familles pour valider les horaires de retrouvailles. Et là, en repartant, le moteur de Sandrine ne fonctionne pas. Nous regardons, et voyons que son garde-boue s’est détaché des 2 côtés. Étonnant, mais cela a du débrancher un câble électrique. Nous rebranchons, et ça repart… pour 1m. A nouveau le câble est débranché. Nous regardons plus sérieusement et voyons que le moteur n’entraîne plus la roue, mais l’axe de la roue. Cela a donc cisaillé les 2 vis tenant le garde-boue, mais a également abîmé la patte de fixation de la roue. C’est un énorme coup dur, mais nous voulons terminer. Sandrine éteint son moteur, et repart. Nous avançons lentement. Son frère vient nous retrouver et récupère ses bagages, dont la batterie, désormais inutile. Pierre-Jean essaie de rouler tout en poussant un peu le vélo de Sandrine, pour apporter une légère aide. En effet, non seulement la roue moteur pèse lourd, mais en plus elle freine naturellement le vélo… Ce sont donc 33 kms compliqués qui nous prendront environ 5h, pendant lesquelles nous devrons décaler 3 fois la venue des journalistes qui voulaient assister à notre arrivée. Mais l’émotion fut là quand nous voyons que les enfants des classes de CE1 et CE2 de Quévert, qui ont suivi notre voyage, étaient là pour nous applaudir à l’arrivée. Nous ne le savions pas, et avons été émus de voir qu’ils étaient revenus sur place, 2h30 après l’heure à laquelle nous pensions arriver.



Encore 500m, et c’est masqué que nous arrivons dans le garage des parents de Sandrine. Nous déchargeons les bagages, sans vraiment réaliser que pendant un certain temps, nous n’aurons plus besoin de trouver un lieu où dormir pour le lendemain, ou la tente à déplier et replier. Nous sommes épuisés, cette dernière panne a prélevé son dû sur nos corps, mais nous sommes ravis de ne pas avoir choisi la facilité avec une fin de voyage en remorque. Nous avons fini comme nous avons commencé, sur nos vélos !
Merci à tous nos hôtes français de nous avoir accueillis en cette période compliquée : Romaine et Pauline, Pascal, Nicolas et Françoise (le parrain/oncle de PJ), Marie, Stéphane, Edith, David et Gaëlle et leurs filles, Bruno et Cécile (oncle à PJ), Thierry et Robin, Jeanne, Geneviève et Didier (les parents de PJ), Catherine et Thierry, Pierre et Florie (amis), Thibault et Sophie et leurs filles, Tiphaine et Romain (amis).








Nous sommes rentrés en Italie dans un climat sanitaire complexe: en effet c’est le premier pays où des restrictions de déplacement existent à l’intérieur du pays. Nous rentrons par la région de Trieste, où il est libre de circuler et où tous les commerces sont ouverts. Nous ne sommes pas vraiment concernés par le couvre-feu de 22h à 5h: nous sommes couchés à ces heures…

Pour notre première nuit, nous sommes accueillis au rez de chaussée d’une famille italienne, avec tout le confort. Ils commandent même des pizzas ! La sensation est bizarre: l’hospitalité est incroyable, mais du fait du Covid-19, nous ne resterons pas dans les mêmes pièces et échangerons peu. Cela nous gênait, car nous avions l’impression d’abuser de leur gentillesse (bien que nous ne demandions rien), et également nous a ému, car nous avons seulement pu imaginer le moment unique que nous aurions vécus en l’absence du virus.

Le lendemain, lors du départ, notre hôte Marko nous apprend que la région passe de jaune à orange. Donc normalement nous ne pouvons pas changer de localité, mais en tant que français voulant rentrer chez nous, nous le pouvons.
C’est un coup dur car d’autres régions ont également changé de couleur. Nous devons donc nous adapter, modifier notre itinéraire et renoncer à Florence et à Pise…
Heureusement Venise reste jaune et nous pouvons donc y aller !
Mais avant ça, nous longeons le golfe de Venise et profitons de la riche vie animale dans les lagunes, avec de nombreuses espèces de poissons pêchant.

Puis nous arrivons à Venise avec nos vélos ! Le pont de 5 kms pour y accéder est un moment magique. Venise est belle, tout comme l’est la vie de sa lagune !

On ne va pas se mentir, Venise n’est pas faite pour les vélos ! Cela semble compliqué de les laisser en sécurité, donc le lendemain nous prenons les transports en commun pour y accéder. Nous avons peut-être eu la chance de découvrir Venise sous un jour que rarement elle revêt : une Venise calme, libérée de ses flots de touristes (dont nous avons été par le passé), rendue à ses habitants et notamment à ses enfants que nous voyons jouer dans les squares et places de la ville mais également aux locaux, faisant leurs courses, tournant un film sur la place Saint-Marc ou tout simplement se retrouvant entre amis. Les canaux étaient vidés des gondoles, et souvent il nous aura été proposé une balade à moitié prix. C’est évidemment le revers de la médaille : beaucoup de gens se retrouvent sur le carreau, avec une activité faible voire fermée. Il sera probablement dur dans le futur pour les lieux touristiques à trouver une balance entre le bien-être de la population locale, et la bonne santé économique des acteurs touristiques. C’est un équilibre difficile à trouver ! Et comme nous n’avons même pas acheté à manger à Venise, le redressement économique ne sera pas de notre fait…











Après Venise, direction la plaine du Po et de l’Adige. C’est un région réputée horrible pour les cyclistes, avec des paysages peu intéressants. Les deux premiers jours se passent agréablement: le trafic est modéré sur les axes secondaires, et rouler le long de fleuves ou de canaux nous est agréable. Les paysages ne sont pas impressionnants, mais de temps en temps c’est agréable d’avancer sans avoir à s’employer.

Et puis soudainement, à 16h le deuxième jour, nous entrons dans une intense purée de poix. Nous pensons à de la pollution, mais il n’y a pas d’odeurs et les locaux ne semblent pas paniqués. Notre hôte du soir, un prêtre qui nous invite dans son sous-sol, après qu’on ait suivi pendant 4 kms une membre de sa paroisse dans le brouillard, nous apprend que la région est réputée pour son mauvais temps. L’humidité des nombreuses rizières favorise la condensation. Mais il y avait eu 14j de beau temps, jusqu’à 16h ce jour-là, où le brouillard est arrivé soudainement.

Le lendemain nous nous résignons à avancer dans la purée de poix, qui va en s’intensifiant. Nous traversons le Po, mais du pont, pourtant pas très haut, nous ne pouvons voir l’eau ! Pierre-Jean perd Sandrine lors d’un changement de direction… Puis s’arrête aussitôt et crie pour la diriger. Nous en perdons la notion du temps : la luminosité et la température n’auront pas changé de 10h à 16h45! Nous trouvons à nous loger facilement chez un agriculteur, qui se demande un peu ce que nous faisons à vélo dans le brouillard au milieu de nulle part en cette période…

Le lendemain, le brouillard s’est levé et nous voyons les Alpes à 70 kms. Nous voilà récompensés !

Nous prenons la direction des Appenins, où nous serons hébergés chez un jeune couple nous offrons d’excellentes pizzas, mais à nouveau sans rester dans la même pièce. Nous partons en espérant avoir l’occasion de revoir certains de nos hôtes et rendre un peu tout l’amour reçu !


Alors que nous approchons du point culminant de notre séjour italien et qu’il fait bien froid dehors (2° ressenti -4°), nous demandons à un papy s’il connaît des refuges, ou s’il est prêt à nous héberger dans son immense garage. Il a alors un réflexe qui nous surprend, nous disant qu’il va appeler les autorités pour nous trouver un lit gratuit au chaud… Nous voulons l’en dissuader, mais trop tard il appelle la police, nous disant d’attendre qu’elle arrive. Heureusement les carabiniers sont particulièrement compréhensifs et intègrent bien qu’à aucun moment nous n’avons voulu dormir dans la maison du monsieur, mais bien dans un abri sans risque de contamination. Et comme il fait froid, ils nous aident pendant une heure à chercher un lieu où passer la nuit !






Le lendemain, nous atteignons la côte méditerranéenne, et remontons vers les Cinque Terre. Nous voulions découvrir les 5 villages en bord de mer de ce parc naturel. Sauf que nous n’avions pas pris en compte la dénivelée ! C’est simple, après Manarola, ce sont pas moins de 500m positifs qui nous attendent, avec des pentes où nous avons du pousser nos vélos ! Et une fois au sommet, alors que nous pouvions simplement nous laisser glisser hors du parc, jusqu’à Levanto, nous descendons les collines pentues jusqu’à Vernazza. C’est sûrement après avoir sué entre 2 villages si proches à vol d’oiseau qu’on comprend le labeur de générations de paysans ayant patiemment construit des champs en terrasse pour leur agriculture. Ce sont des paysages uniques en leur genre, que nous n’aurions pas imaginé découvrir. Nous en aurons sauté notre déjeuner, battu le record du plus faible nombre de kilomètres en une journée de vélo, mais nous aurons adoré tout ce que nous avons vu ! Nous avons été fiers de découvrir cette terre, et soulagés de la laisser derrière nous.









Et ensuite, il s’agit de longer la côte ligure jusqu’à la France. Le soleil est de la partie, et nous remontons assez vite. D’autant que des pistes cyclables sur d’anciennes voies de chemin de fer, à l’abri de la circulation et le long de la mer, nous permettent d’avancer sans risque de se perdre.






Pour le dernier soir, alors que nous sommes à Imperia, nous ne voyons pas où dormir. Au hasard, nous sonnons à un monastère. Au final, une nonne très souriante et une paroissienne parlant français viennent à nous, et nous donnent les clés d’un appartement généralement utilisé par les pèlerins. Nous apprécions cet accueil reçu par la communauté religieuse, toujours sans conditions autre que celle de rendre le lieu en l’état, et indépendamment de notre religion. Ce sont toujours des lieux apaisants.

C’est donc la parfaite dernière nuit avant la France, où nous devrons remonter en Bretagne en vélo malgré la situation sanitaire, nos vélos n’étant pas acceptés en train ou en avion.
Un grand merci aux italiens qui nous ont accueillis chez eux malgré la situation sanitaire difficile : Marko et sa famille, Nicolas dans son parking, Diego dans son établis, Gabriele et Ilaria, Barbara et les religieux. Prenez soin de vous.






L’arrivée en Croatie aura été folklorique. Après avoir réservé un hôtel 10 minutes avant d’entrer dans le pays conformément au formulaire obligatoire EnterCroatia, ce dernier n’est pas contrôlé à la frontière et nous voulons annuler l’hôtel. En effet, il fait nuit et l’hôtel est à 20 kms (il n’y avait rien plus proche).
Après un refus net et répété de l’hôte, nous nous décidons à rouler plus d’une heure de nuit, tout en se disant que les croates n’ont pas l’air commodes, comme on nous a prévenus.
Cependant la Croatie marque la confirmation d’une tendance engagée au Monténégro : la plomberie ne fuit plus, et les douches sont prises avec de l’eau chaude et de la pression ! Il y a moins de nids de poule, les routes sont en bonne état. Les changements de pays se remarquent aussi à ce genre de petits détails !



C’est le lendemain que nous arrivons à Dubrovnik. La vue de la ville est magnifique, et nous n’avons qu’une hâte : aller déambuler dans les ruelles. Malheureusement il nous faut plus de 3h pour arriver au bon logement, le premier étant seulement accessible par de longs escaliers ! Et à nouveau notre petit ange se rappelle à nous: à l’entrée de la ville une famille française vient nous voir, échange avec nous puis nous offre de quoi se faire un bon restaurant ! Incroyable ! Et merci à eux !






Dubrovnik est belle et riche en découvertes. C’est une ville incroyablement bien conservée, et nous avons eu la chance d’avoir une belle journée ensoleillée et peu d’affluence pour arpenter ses murailles et musées. En pleine saison et en période hors virus, la ville est victime du tourisme de masse et a fait fuire ses habitants, d’autant plus que la ville a été rendue célèbre grâce à la série Game of Throne. En effet elle a accueilli jusqu’à 6 millions de visiteurs par an, on n’ose imaginer ce que ça devrait être dans les ruelles si étroites.



Puis direction Ston, et ses murailles qui sont les deuxièmes plus longues après celles de Chine. Ce long mur ceignant l’intégralité d’une colline est impressionnant !



Nous continuons ensuite de remonter le long de la mer Adriatique, en traversant brièvement la Bosnie sur une dizaine de kilomètres. La vue des montagnes se jetant dans la mer sera notre décor pour de nombreuses journées.



Nous dormons les nuits dans d’immenses campings, qui sont fermés pour l’hiver mais dont les portails sont systématiquement ouverts. Heureusement les températures sont clémentes. Par contre, être seuls dans un énorme camping donne une impression de fin du monde, où nous serions les derniers rescapés. Nous verrons à de rares moments des camping-cars et ce sera pour nous l’occasion de rencontrer une famille française vadrouillant en camping-car pour quelques semaines et avec qui nous partagerons un agréable apéro 🙂 !

Nous arrivons ainsi à Split, et visitons le palais dioclétien. Nous pensions voir un ancien palais romain. En fait c’est toute la vieille ville, qui au gré de l’histoire et des agressions, s’est construite dans le château ! Des constructions de toutes les périodes s’y retrouvent ainsi, dont des sphynx d’origine vieux de plus de 2000 ans.






Split sera aussi l’occasion de notre dernière baignade. La Dalmatie est incroyable, il y a toujours une île en face, à quelques kilomètres. Ce qui fait que nous avons l’impression d’être le long d’un très grand lac, et l’eau est toujours très calme.



A proximité de Split, nous découvrons la forteresse de Kliss, les ruines romaines de Solin et la ville de Trogir.






La route jusqu’à Zadar sera l’occasion de passer par Krka, dont les nombreuses chutes d’eau nous auront émerveillées. Dès que nous nous éloignons de la côte, nous découvrons à nouveau des fermiers avec leurs moutons, des maisons plus rustiques,…






À Zadar, nous avons été émus par l’orgue marin. Souvent nous préférons les centre-villes anciens, plus authentiques. Mais ici, entendre l’harmonie des mélodies créées par le mouvement de l’eau et les fluctuations nées lors de passage des bateaux nous aura touchés !
La route après Zadar nous révélera les paysages les plus sauvages du pays. C’est aussi là que nous recevrons le plus bel accueil. Alors que les maisons sont rares, les hôtels sont chers ou fermés, nous demandons l’hospitalité devant une maison dont les fenêtres sont ouvertes. La dame nous informe qu’elle est en plein travaux, et nous lui précisons qu’on peut dormir dans une chambre vide et y installer la tente. Elle loge ailleurs mais il reste un lit, elle nous le montre, puis elle part. Une heure après, elle revient avec 4 escalopes de dinde, des frites et de délicieux épinards, cuits et prêts à être mangés, ainsi que de nombreuses boîtes de thon, bananes, fromage,… La surprise de telles attentions nous aura touchés !






Et déjà nous arrivons à Rijeka, d’où nous n’avons plus qu’à grimper la colline afin de rejoindre la Slovénie. Les règles sanitaires font que nous sommes obligés de transiter en moins de 12h. Nous nous pressons donc, et comme toujours, les frontières se franchissent aisément !






Nous aurons donc passé deux semaines en Croatie, et nous n’aurons pas vu le temps passer. La temporalité du voyage a totalement changé : nous avons arrêté de prévoir loin dans le futur. Notre horizon est le lendemain, et parfois à l’abord des grandes villes à 3 jours. Pourtant, la situation sanitaire est telle que nous avions un sentiment d’urgence, et nous voulions arriver au plus vite en Italie, mais sans se fixer de dates pour y être. Nous avons considéré qu’une fois proche, nous verrions qu’elles seraient les règles en vigueur, et que nous nous y conformerions.



Le Monténégro faisait vraiment partie des pays que nous voulions visiter avant même le début du voyage.
Nous avions prévu une large boucle au Nord du pays dans les montagnes, avant de revenir vers le sud et la baie de Kotor.
Sauf que, nous avons abordé ce pays le 25 octobre, et le contexte sanitaire était plus propice à être dans un pays de l’Union Européenne plutôt que de s’éterniser à ses frontières. Avec une réunion au sommet de l’UE le 29 octobre, nous avions peur que la décision de fermer l’espace Schengen y soit prise et mise en application le 30.
Mais avant d’en sortir, il faut y rentrer! Et pour cela, un test PCR ou sérologique est nécessaire. Étant un dimanche, et le laboratoire étant fermé, nous avions décidé d’aller à la frontière voire s’ils disposaient de tests rapides. Ils ne nous ont rien demandé, et laissé passer ! Après cette entrée rocambolesque, nous nous sommes dirigés vers la ville de Bar, sur la côte. Les paysages minéraux sont magnifiques et nous annoncent déjà la côte croate proche, ou la côte d’Azur un peu plus éloignée. Et puis après un virage, nous découvrons la mer ! C’est la 3ème mer de notre voyage, après la mer du Nord et la mer Noire. Pierre-Jean est très ému, de se dire qu’en face c’est l’Italie, qui est frontalière à la France. Il reste en réalité de très nombreux kilomètres, plus de 2000 pour rejoindre la frontière française. Mais après 6500 kms, on arrive beaucoup mieux à envisager de telles distances à vélo.
L’arrivée à Bar à la nuit tombante nous révèle un paysage classique du Montenegro: des montagnes se jetant dans la mer. C’est beau, et pourtant nous ne sommes pas dans une ville touristique ! Quels décors les autres lieux vont-ils nous révéler ?


Le lendemain, pour éviter un long tunnel, nous avons un col à 800m d’altitude à passer. La route est bonne, et petit à petit nous nous enfonçons dans les nuages. Au sommet, nous ne voyons pas à 100m. Sur le côté est une table d’orientation, et nous pouvons seulement imaginer ce que nous aurions vu !


Et soudain, dans la descente, la route face à nous se transforme en piste. Nous, celle qu’on doit prendre c’est en épingle à cheveux, à gauche. La route est alors si peu large que nous ne pouvons croiser des voitures qu’en nous rangeant. Le bitume serpente et ne cesse de croiser un torrent. Souvent la route est alors à plus de 5m de haut du torrent, mais le couvert végétal peut nous tromper. Ce n’est pas le moment de tomber ou de croiser un véhicule !
Des véhicules, nous nous ferons dépasser par 2… que nous doublerons peu après, chacun s’étant arrêté un peu plus loin pour parler avec un passant (scène habituelle aux balkans: une voiture pile en pleine route, le conducteur sort et enlace un ami).
Nous rejoignons les bords du lac Shkoder, du côté opposé à la veille, en Albanie, avant de rejoindre la route menant à Podgorica, la capitale, pleine de pièges (piste cyclable se réduisant à peau de chagrin au niveau d’un pont, mais on est bloqué par les glissières et devons enlever les bagages pour passer, canalisations non protégées, rebords de 20 cm…). Un bonheur… C’est également en arrivant à Podgorica que nous nous rendons compte que la journée est passée bien vite, en effet, la passage à l’heure d’hiver a fait son effet. Résultat, il fait nuit à 16h45 ! Coup dur ! Nous qui finissions nos journées vers 18h30 en Bulgarie.




Nous mangeons alors avec Quentin, que nous verrons pour la dernière fois du voyage. C’est l’occasion de découvrir ensemble la capitale… La ville n’a pas vraiment de charme et ne tente pas d’avoir un ou deux beaux bâtiments… Le plus beau est le pont du Millénium, offert par la Russie… Pour le reste, cela fait ville besogneuse, tournée vers l’aspect pratique avant la beauté architecturale.



Le lendemain, et pour 2 jours, nous louons un véhicule. Nous n’avons pas trouvé d’autres façons pour visiter le nord du pays tout en respectant notre échéance du 30 octobre. Également, la météo prévisionnelle, au moment de notre choix, indiquait un mix pluie et nuage. Au final nous aurons un beau ciel bleu !
Au moment où nous partons en voiture, nous avons l’impression de foncer alors que nous sommes à… 40 km/h (parfois 50, en ligne droite). Étonnamment, même les poids lourds nous doublent…
Nous commençons notre voyage par longer la rivière Moraca, dont la pureté de l’eau évoque les montagnes. Non seulement nous roulons lentement, mais nous ne cessons de nous arrêter pour des photos.





Très vite, nous voyons les montagnes qui grandissent, jusqu’à monter brutalement à 1000m d’altitude, afin de découvrir les gorges de Tara, dont un des ponts est une figure emblématique du pays. Et effectivement, la vue est magnifique. Nous notons d’ailleurs la présence d’au moins 4 tyroliennes passant d’une rive à l’autre, pour amateurs de sensations fortes. C’est d’ailleurs usuel d’en voir, le pays s’y prêtant bien.


Nous repartons en direction du parc Dormitor. Il est incroyable, nous avons l’impression de rouler au milieu des montagnes, et les paysages sont du même style que ceux visibles lors d’une randonnée à pied. Nous avons mis 2h à traverser le parc en voiture, mais nous aurions pu y passer une journée en vélo, et en redemander ! La redescendre avec de multiples épingles taillées dans la roche est incroyable.





Le soir venu, nous nous rendons compte que nous avons roulé entre 6 et 7h,et avons fait 260 kms, sans jamais avoir l’impression de nous traîner! Après plus de 3 mois à vélo, faire tant de kms et de dénivelées en une journée nous impressionne. On a tendance à l’oublier car maintenant il existe le TGV ou l’avion, mais la voiture est un moyen de transport tellement rapide !


Le lendemain, direction le monastère d’Ostrog, situé sur les hauteurs d’une montagne. En vélo, il est possible que nous l’aurions ignoré, car monter plus de 500m de dénivelée pour un monastère est assez frustrant, surtout si celui-ci ne nous comble pas…


Puis nous partons tout au Sud, vers Budva. La vieille ville est très mignonne, mais les constructions récentes évoquent Monaco, avec de grands travaux de fondations spéciales pour construire des villas en pleine colline, au plus près de la mer. On sent que c’est une ville très internationale… En repartant, nous verrons le long de la route une maison dont les fondations ont mal du être réalisées… Le sol s’était en partie écroulé et la maison penchait à environ 30°! Dommage, nous l’avons vu trop tard pour une photo !


Le soir arrive déjà et il est l’heure de rendre la voiture. Podgorica est tellement active que le seul loueur à la gare centrale (la plus importante du pays donc) ferme à 16h…
En 2 jours, nous aurons parcouru le pays du Nord au Sud !
Le lendemain, nous mettons le réveil de bon matin. Au programme, plus de 1500m de dénivelée pour atteindre Kotor. Nous avons un peu peur de ne pas y arriver, donc on veut profiter un maximum du soleil. Heureusement la route est bonne, et le soleil présent. À 14h, nous voyons Kotor, 1000m sous nous. Encore 15 kms environ et 25 épingles. Un vrai bonheur ! Sauf qu’une vis du vélo à Sandrine casse (elle s’est prise le haut d’un poteau quelques jours avant contre le panneau… et nous n’avons pas trouvé ni vraiment cherché de vis, croyant en notre bonne étoile). Ça nous gâche un peu la soirée, car le lendemain nous devons trouver un garage pour percer la vis, fileter l’intérieur et la retirer… On marche donc dans la ville le soir en repérage, et trouvons une quincaillerie nous indiquant un tel garage pour le lendemain !








Le lendemain, après une visite matinale des murailles de Kotor, et 2h au garage pour la vis, nous voilà prêt à rentrer à nouveau dans l’UE. Nous quittons la baie de Kotor avec un pincement au cœur, tant la météo s’est mise au service des paysages pour admirer cette double baie, qui évoque les fjords norvégiens.








Il fait nuit quand nous passons la frontière. D’ordinaire nous nous serions arrêtés avant, mais nous avions peur d’être bloqués hors de l’espace Schengen.
Un petit panaché des situations ou panneaux nous ayant fait sourire !
En Bulgarie, trop de tuiles avaient été commandées et c’aurait été dommage de jeter !

En Macédoine du Nord, Georges n’a pas acheté de ticket pour le stade de foot, mais c’est pas grave, il suit quand même le match de son équipe favorite!

A 500m de là (véridique en plus !) , son ami Gérard est parti pêcher la truite pour fêter la future victoire… Il a été un peu trop enthousiaste…

En Albanie, on aime bien détourner les panneaux

Ah oui, on adore ça !

En Albanie, on aime également bien détourner les choses de leur usage premier. Ici, une table, protégeant un caniveau ouvert.
On a également vu des pneus faisant office de couvercles de caniveaux (grand classique !) ou des bastaings…

En Albanie, quand il pleut, c’est l’heure du shampooing ! Quel gain de temps en arrivant au bureau 😊

En Albanie, voici le nouveau Transporter: volume de chargement spacieux, passe-partout, et consommation très réduite ! Bon, niveau odeur par contre…

Au Monténégro, Zorro est passé par là (et le restaurant Zorra est 4 kms plus loin…)

Au Monténégro, on se sent bien petit

En Croatie, la forme des terrains de basket s’adapte au contour des murailles

En Croatie, et par temps de Covid-19, l’eau bénite a su évoluer avec son temps ! On n’a pas vu le bénitier…

En Croatie, on est fan des mains qui sortent des murs

En Croatie, tous les chemins mènent au shopping !

Et toujours en Croatie, on n’a pas froid aux yeux quand il s’agit de plonger !

Comme chaque fois que nous rentrons dans un pays inconnu, ce qu’on entend à son sujet par les locaux de l’autre côté de la frontière est peu rassurant. En Albanie, cela avait commencé dès la Roumanie où un roumain n’arrêtait pas de nous mettre en garde : « Albania, periculo » (qu’on a traduit par: « Albanie, périlleux »).
Donc plus que pour d’autres pays, nous l’avons abordé en essayant de garder notre esprit ouvert, mais sur nos gardes.

Arrivés en Albanie avec 6780 km au compteur. Les premiers kilomètres, remplis de bunker, nous laissent découvrir l’étendue de la paranoïa de feu d’Enver Hoxha, dictateur hégémonique ayant régné de la fin de la seconde guerre mondiale jusqu’en 1985, réussissant l’exploit de se brouiller avec ses alliés occidentaux, puis avec l’URSS et enfin avec la Chine. Le pays a donc vécu en autarcie complète jusqu’en 1991.



Depuis la Roumanie, nous nous sommes habitués à un certain niveau de pauvreté. L’Albanie était encore un cran au-dessus, au niveau des petites villes et bourgs dans les montagnes, et dans la banlieue de Tirana.
Et cependant, comme à chaque nouveau pays, la magie opère et nous nous sentons rapidement à l’aise. Ok les routes périphériques sont souvent des pistes. Ok les agriculteurs promènent leurs vaches sur la route. Ok certains albanais conduisent comme des petits fous. Mais on est là pour découvrir, donc on ouvre nos yeux, nos oreilles et on observe, on se nourrit de tout cela pour se créer des souvenirs et des émotions.
Notre première nuit sera à Korçë, car étant la ville natale de la femme d’un cousin à Pierre-Jean, il souhaitait découvrir la ville. Et nous avons bien fait d’y aller, la ville étant très mignonne, avec une mosquée et une cathédrale proche l’une de l’autre (nous qui croyions que l’Albanie était strictement musulmane… D’autant que la route menant à la ville a été financée par un fonds saoudien), ainsi qu’un vieux bazar très agréable pour flâner.





Nous retrouvons certains aspects vécus en Macédoine du Nord et moins en Roumanie et Bulgarie. Certains bâtiments des centre-ville peuvent être opulents, mais la mendicité est très présente, et la pauvreté se découvre quelques rues plus loin. La richesse est bien moins uniforme, en tout cas c’est notre sensation.
Le lendemain nous partons pour les gorges entre Maliq et Gramsh. Cet itinéraire nous avait été conseillé par Quentin, qui avait prévu de s’y amuser en moto. Nous avons donc fait le choix de privilégier la nature à des destinations plus touristiques telles que Berat.



Et nous avons bien fait ! Les montagnes sont magnifiques, et nous sentons vraiment que nous sommes dans une zone sauvage. C’est simple, sur 60 kms, nous ne traverserons qu’un tout petit village (avec un mini Market cela dit !). Mais surtout, nous verrons deux cyclotouristes allemands au sommet d’une côte. Ça tombe bien, nous sommes au milieu de nulle part, la nuit va bientôt s’installer et ils sont de bonne compagnie. En plus, dormant en extérieur, respecter la distanciation sociale est chose facile. Rouler avec Sarah et Jonathan et partager une nuit aura été une merveilleuse expérience de voyage !




Évidemment, qui dit sauvage dit avancée plus lente. Nous qui avions prévu de rouler 80 kms n’en faisons que 40.


Le lendemain à 15h, après avoir mangé avec Sarah et Jonathan, et bien qu’ils continuent dans la même direction, nous nous décidons à leur dire au revoir afin de nous rapprocher de Tirana et être sûr de l’atteindre le jour d’après. C’est un de nos au-revoir les plus difficiles du voyage. Pourtant souvent les matins nous disons au revoir à des personnes fantastiques et généreuses, mais nous savons que cela fait partie du voyage; nous avançons et laissons derrière nous les rencontres et les sourires. Mais là c’était un rare moment de partage avec un couple parti en juillet 5j avant nous, et ayant vécu les mêmes histoires, les mêmes réflexions pour traverser certaines frontières… C’était une rencontre que nous n’attendions pas, et qui nous aura marquée. De plus, nous pouvions parler en anglais et avons donc pu échanger sur des sujets plus profonds que notre pays d’origine et si nous avions des enfants.



C’est donc le cœur lourd que nous avons avancé jusqu’à Elbasan. Là nous avons été hébergés dans un magasin de bord de route, où une dame a couru vers nous pour nous offrir 4 kakis. Nous avons mangé avec le patron et un de ses amis, et avons passé deux heures à essayer de comprendre ce qu’ils nous disaient, sans vraiment se comprendre, mais c’était marrant.




Le lendemain, nous sommes hébergés pour 2 nuits à Tirana par un membre Warmshowers. Nous ne logeons pas chez lui mais dans un de ses appartements. Après de nombreux échanges pour trouver l’adresse (que même des voisins ne connaissent pas… Et dans la rue le numéro 86 jouxte le 25, mais nous cherchons le 17…), nous sommes accompagnés jusqu’au logement. Nous comprenons alors qu’il n’y a pas d’eau courante. En nature, cela passe, mais en pleine ville, c’est plus dur. De plus, le jeune fils de notre hôte fait caca chez nous, mais nous n’avons rien pour tirer la chasse. C’est donc armé de 2 touques que nous parcourons 1km à travers Tirana pour rejoindre l’appartement de notre hôte et avoir un peu d’eau et du WiFi. Le lendemain, nous arpenterons le voisinage et trouverons un robinet dans la rue à 100m de chez nous. C’est pour nous un confort énorme car cela nous permet d’avoir de l’eau (non potable) à disposition. C’est marrant comme la notion de confort évolue. En France il nous est parfaitement normal d’avoir de l’eau courante potable, qui est chaude ou froide selon notre bon plaisir. À l’étranger, nous considérons avoir des conditions luxueuses quand nous sommes au sec avec une source d’eau pas trop loin.
La découverte de Tirana est riche en enseignements, notamment sur le chemin parcouru depuis 1991. Le long de la route, nous avons vu la construction de nouvelles installations hydro-électriques, et nous nous étions dits que c’était une avancée pour les locaux. Tirana évolue, et de nos yeux d’occidentaux, la ville, et le pays avec, évolue dans le bon sens.





Nous en apprenons plus sur le dictateur Enver Hoxha, et visitons le bunker anti-atomique construit en plein centre de la capitale, qui nous en apprend plus sur la police politique au service exclusif du maintien du dictateur, du musélement de toute liberté d’expression et évidemment d’éviter que les albanais fuient le pays. C’est un grand classique vu dans tous les pays ayant connu des régimes socialo-communistes. Nous n’en sommes probablement pas assez conscients, mais nos démocraties, bien qu’imparfaites, garantissent une large liberté d’expression et une opposition politique. On ne risque pas de se faire emprisonner pour des opinions différentes du pouvoir actuel, et les leaders d’opposition ne sont pas traqués, menacés ou tués. C’est une liberté à chérir, car extrêmement fragile. Dans beaucoup de pays, l’homme au pouvoir a d’abord été populaire, avant de révéler ses vrais couleurs. Mais il était trop tard et le fonctionnement du pays avait été perverti à son seul profit. Nous voyons également qu’il faut du temps pour sortir d’une dictature, car à sa chute, le seul parti ayant l’expérience, les relations et l’organisation idoine est l’ancien parti au pouvoir. Donc on change la tête, mais le reste change peu au début… C’est à force d’élections que le système peut vraiment changer.





La ville n’est pas à proprement parler belle, mais au vu de tout ce qu’on en avait entendu, cela nous semble malgré tout être une ville vivable.
Le lendemain, lors de notre départ de Tirana, la route tracée nous fait prendre un pont à moitié démoli, avec des trous donnant dans la rivière rapidement rempli par des bastaings et des gravats. Sandrine a à un moment du mal à manœuvrer son vélo. Aussitôt deux enfants, qui étaient en train d’essayer de récupérer un câble dans la boue dans le lit de la rivière, se précipitent pour aider et repartent aussitôt. Dans cette zone, un large marché aux puces se déroule à même le sol.
Nous arrivons à rejoindre Shkoder, 105 kms plus loin, malgré un départ tardif. Cette ville est proche de la frontière avec le Monténégro, pays pour lequel un test est nécessaire pour montrer que nous n’avons pas le Covid-19. Sauf que le lendemain matin est un dimanche. Nous allons au laboratoire, qui est fermé…
Il pleut tant et plus, nous n’avons rien d’autre à faire que visiter le château de la ville, ce qui est fini à 12h. Nous nous décidons alors à aller à la frontière, distante de 16 kms, pour voir s’ils sont en mesure d’y faire des tests. Nous y arrivons, présentons nos passeports et passons ce que nous prenons comme le contrôle côté albanais, puis avançons, nous disant que nous sommes dans le no man’s land entre les deux postes frontières. Deux kilomètres se déroulent, nous voyons un restaurant, des maisons… En fait c’est bon, nous sommes au Monténégro !!



Merci à Samir qui nous a accueillis dans son logement à Tirana et à Agron dans son commerce sur la route d’El Basan.

Beaucoup de membres de nos familles ou de nos amis nous ont demandé si, avec le reconfinement en France, nous avions dû interrompre notre voyage et rentrer. La question étant récurrente, nous avons décidé de rédiger un article général sur l’influence de la crise sanitaire sur notre voyage.
Le premier impact, évident, est que notre tour d’Eurasie, qui devait nous mener jusqu’au Vietnam et en revenir en 14 mois, est devenu un tour d’Europe de 5 mois et demi. Ce changement de programme s’est imposé à nous mi-avril, lors du prolongement du confinement. Évidemment, dans un premier temps, nous étions déçus. Mais quand nous voyons la fatigue que nous pouvons ressentir par moments, et la galère d’évoluer sur certaines pistes, nous nous disons a posteriori que pour un premier voyage à vélo, l’Europe est riche et suffisante !
Nous sommes partis mi-juillet de la Bretagne, avec l’ambition de faire un large crochet par le nord de l’Europe (Berlin, Varsovie), avant de redescendre au Sud en Slovaquie, revenir vers l’Ouest à Vienne afin de suivre le Danube en passant par Bratislava, Budapest, Belgrade, puis arriver en Roumanie par les Portes de Fer.
Au début, tout se passe bien, les frontières se franchissent sans contrôle. Bref, ça roule ! Nous voyons qu’en France notamment, les contaminations augmentent mais pas les hospitalisations. Nous passons Anvers, en Belgique, la veille d’annonces réduisant la bulle sociale à 6 personnes, et dans le Sud de la Pologne nous traversons une zone rouge, mais sans mesures particulières à l’époque. Ce sont les seuls moments où le Covid-19 se rappelle à nous fortement. Évidemment, nous mettons toujours nos masques en intérieur et restons distants physiquement des gens. C’est facile, c’est l’été, la vie se déroule en extérieur.
Puis patatras, ce plan s’écroule fin août alors que nous venons d’arriver en Slovaquie, quand nous lisons sur lemonde que la Hongrie ferme ses frontières au 1er septembre pour 1 mois au moins (d’ailleurs, le site reopen a mis 2j à se mettre à jour, et le site de l’ambassade de France en Hongrie une journée). Après une journée de tergiversations où nous hésitons entre rester à l’Ouest en attendant qu’éventuellement les frontières rouvrent (ou bien tenter via la Serbie, ce qui semble possible, ou l’Ukraine, mais qui semble impossible), ou bien foncer et traverser le pays, mais sans possibilité de revenir en arrière en cas de problèmes.

C’est ce deuxième choix, que sur le moment nous trouvons culotté, que nous avons sélectionné. C’est d’ailleurs à partir de ce moment que nous avons arrêté de suivre les tracés GPS que nous avions pris tant de soin à concocter avant le départ. À partir de là, nous aurons beaucoup moins de visibilité sur notre parcours, nous laissant plus de marge pour changer d’itinéraire quand le tracé ne nous convient pas, ou si nous voyons où entendons parler d’un lieu à visiter. Pour nous l’aventure a vraiment commencé là et nous nous sommes sentis suffisamment à l’aise pour sortir des plans établis.
Étant restés 1 mois environ en Roumanie, nous avons arrêté de regarder comment franchir les frontières. Sauf pour la Bulgarie, de temps en temps, mais ce pays semble ouvert. Nous regardons la veille sur le site reopen, qui indique que le pays est fermé, sauf pour un certain nombre de pays… dont tous ceux de l’UE. Ouf, on peut continuer !
C’est vraiment en Bulgarie que nous nous sommes mis à regarder de façon intense les frontières franchissables sans conditions, avec PCR ou fermées.
Nos sources d’informations étaient, dans l’ordre:
Nous avons pu passer des heures à potasser les sites et recouper les informations, en particulier pour les pays hors UE où le site reopen ne donnait aucune information.
Par exemple, nous rêvions de la Grèce. Mais après une vingtaine d’appels infructueux à l’ambassade, et toutes les informations sur les sites officiels, nous avons préféré abandonner. Y rentrer semblait compliqué, bien que possible étant en Bulgarie, mais en sortir par voie terrestre par une autre frontière semblait impossible, sauf à faire une boucle dans le pays et repasser par Promachonas, le seul poste-frontière ouvert de toute la Grèce pour les voyageurs non essentiels.
Nous rentrons donc en Macédoine du Nord, sans besoin de tests. Étant hors de l’UE, nous n’aurons alors plus de 4G donc seront beaucoup moins réactifs si des (mauvaises) nouvelles arrivent.
Nous décidons également de cesser d’accepter les invitations à dormir ou partager un repas en intérieur chez les gens, ceci afin de protéger nos hôtes, et également nous protéger. En Bulgarie nous avions tendance à penser que dans les campagnes perdues, le risque était faible. Mais à partir d’octobre les chiffres de contamination de tous les pays ont augmenté. Aussi, et vu qu’il est assez facile de trouver des hôtels à 15€ et les nuits devenant fraîches, c’est facile de se laisser tenter.
La traversée du pays se déroule sans encombre, et nous savons que l’Albanie est, théoriquement, le dernier pays dont l’entrée se déroulera sans conditions. Et effectivement, mis à part un quiproquo à la frontière où la garde nous demande les papiers de la moto, n’ayant probablement jamais vu de vélos couchés auparavant, la frontière se franchit bien.
Nous sommes vers le 20 octobre, et nous apprenons, encore sur le journal lemonde, que le 29 octobre, tous les pays de l’UE se réunissent pour prendre des mesures communes. Nous craignons que la décision de fermer l’espace Schengen y soit prise. Nous pensons que le délai d’application sera d’au moins 1 jour, donc nous fixons notre entrée en Croatie au 30 octobre au plus tard.
Mais avant ça, il faut rentrer, et sortir, du Monténégro. Le pays est ouvert sans conditions si on vient de l’UE, mais exige un test PCR ou sérologique pour tous ses autres voisins, Albanie incluse.
Nous regardons et voyons que nous pouvons faire le test sérologique à la ville frontière de Shkoder, au laboratoire américain alnet, moyennant 33€ par personne. Sauf que nous n’avons pas les horaires de ce centre, nous n’avons que ceux à Tirana, où le centre est ouvert tous les jours jusqu’à 23h.
Nous arrivons à 19h un samedi soir à Shkoder, et décidons de faire le test le lendemain. Évidemment, c’est fermé… Etant à seulement 15 kms de la frontière et n’ayant rien à faire (surtout qu’il pleut intensément, ce qui enlève nos velléités de visite autres que la forteresse), nous allons voir s’ils peuvent y réaliser un test salivaire donnant les résultats rapidement. Nous donnons nos passeports au premier poste frontière, pensant être côté albanais. Puis nous roulons, roulons… Au bout de 2 kms, nous voyons un restaurant, des maisons… Nous comprenons que nous sommes au Monténégro. C’est la première frontière depuis Slovaquie-Hongrie où tout est situé en un poste, sans no man’s land plus ou moins large entre les postes.
Nous sommes tellement surpris d’avoir pu passer (nous pensions passer quelques heures en tests, voire même faire demi-tour) que nous n’avions pas regardé où aller. Qu’importe, nous irons vers la côte.
Le Monténégro est vraiment un pays que nous souhaitions faire, mais malheureusement la date du 30 octobre approche. De plus, les rumeurs de reconfinement en France se font très fortes, et cela impacte notre vision. Nous avons une vision un peu déformée de la réalité dans le pays où nous sommes, quel qu’il soit, car nous voyons l’évolution en France, et la transposons un peu où nous sommes. Nous décidons donc de faire quelques compromissions avec notre objectif, et ainsi louer une voiture à Podgorica, la capitale, pour 2j afin de visiter le nord du pays. Ce seront 2j intense, qui nous aurons fait gagner 1 semaine de vélo. Évidemment, le plaisir était différent, et l’immensité des paysages se vit mieux à vélo. Mais mentalement nous n’étions pas prêts à partir dans les montagnes, sans réseau, avec le mauvais temps annoncé et notre fatigue (car même si les vélos sont électriques, il faut quand même pédaler, et les nuits ne sont pas forcément des plus reposantes) ; sans savoir si à notre retour sur Podgorica, une semaine après, les conditions sanitaires n’aient pas changé du tout au tout.
Le 28 octobre, nous sommes donc à Podgorica. Le lendemain, nous mettons le réveil à l’aube pour monter 1500m de dénivelés et arriver à Kotor. Le 30, pareil, nous mettons le réveil, mais cette fois pour grimper au sommet des murailles de Kotor de bon matin. Évidemment, c’est aussi le jour où une vis a décidé de se casser et de rester coincée en partie dans Nazca le vélo couché, donc nous perdons plus de 2h à trouver un garage auto pouvant enlever ce bout de vis inox…
Juste avant la frontière, nous remplissons le formulaire entercroatia. Globalement il suffit de réserver un hôtel pour la première nuit pour avoir le droit d’entrer (dommage, nous avions un hôte warmshowers prêt à nous accueillir dans son jardin après la frontière). Puis, il suffit d’indiquer l’adresse et générer le formulaire, afin d’avoir un numéro à donner au poste frontière. Nous n’avons pas cherché à jouer, ne sachant pas s’il y avait un contrôle après. Nous n’étions pas vraiment sûrs de pouvoir rentrer, car le site reopen parlait de membres de l’UE depuis des pays de l’UE. Nous n’avons pas trouvé d’informations officielles sur des membres de l’UE rentrant en Croatie depuis un pays hors UE. Mais des voyageurs l’ayant fait avant nous, nous nous sommes dits que ça passe. Et ça passe ! Nous avons de la chance, la Croatie est, avec la Bulgarie, un des deux seuls pays de l’UE dont les frontières terrestres avec des pays en dehors de l’espace Schengen sont ouvertes.

Malheureusement il fait déjà nuit quand nous passons la frontière, donc nous avons pris un des hôtels les plus proches, bien plus cher que nos habitudes (36€, ça pique en sortant du Monténégro). Au final, personne ne nous a demandé ce formulaire à la frontière…
Pour la suite, nous avons les frontières suivantes à passer:
Pour l’instant, nous nous estimons incroyablement chanceux de ce que nous vivons. Nous échangeons probablement avec moins de locaux, mais quand nous pouvons le faire, alors ceux-ci se confient plus, notamment dans les zones touristiques désertées. Également, nous croisons peu de cyclo-voyageurs, mais quand c’est le cas, les échanges sont intéressants car chacun a une ou plusieurs anecdotes à raconter. Et également, quand nous rencontrons un français, la conversation s’installe d’autant plus facilement que chacun est surpris de voir un autre touriste là, avec toutes les restrictions qui existent. Cela nous a par exemple permis de rencontrer Quentin, un motard français en Bulgarie, et le recroiser à 4 autres occasions, avec à chaque fois des échanges passionnants et notamment les réflexions sur les problématiques des frontières à passer !
Le voyage par temps de Covid-19 est donc forcément différent de celui imaginé initialement. Il faut être prêt à le modifier à tout instant et bien se tenir informé de l’évolution afin de ne pas être surpris par de nouvelles mesures. Nous ne nous sentons pas forcément complètement libres, car nous savons qu’un confinement peut être décrété brutalement, mais pour l’instant nous pouvons nous déplacer et vivre. Et c’est beau !

Également, vivant cette aventure en couple, le fait de traverser tous ces moments à 2 et voir qu’à chaque fois nous arrivons à prendre des décisions fortes pour ce voyage qui nous tient tant à cœur, et ce de façon concertée et apaisée, est un signe fort pour notre futur de couple !
Avant de partir, un de nos managers nous avait dit que c’était fort probablement le pire moment pour partir. Mais au final, le meilleur moment reste celui où notre cœur nous l’impose, et cette période reste belle pour le voyage, malgré le contexte !
En entrant en Macédoine du Nord, notre première réflexion est que nous sortons de l’UE. Fini la 4G pour nous aider à communiquer, ou pour chercher hôtel ou camping quand nous ne trouvons rien…
Nous sommes curieux de découvrir ce pays, nous disant que la décision de la Grèce de fermer ses frontières terrestres nous offre l’opportunité de rouler en Macédoine du Nord. C’est un pays où probablement nous n’aurions jamais mis les pieds sinon.
Notre premier aperçu est mitigé : les paysages sont beaux, mais après la Bulgarie, les gens nous semblent froids et distants. Cette première impression se confirmera lors de notre court séjour en Macédoine du Nord.


La découverte de Skopje, la capitale, révèle tous les contrastes que peut receler ce pays. Nous passons d’énormes dechetteries organisées en pleine nature où les déchets sont brûlés, à des quartiers périphériques semblant très pauvres, à la limite des bidonvilles, à un centre-ville tout neuf, où les statues sont si nombreuses que nous ne savons où donner de l’oeil et que nous nous croirions plus à Disneyland ou chez un collectionneur glouton, que dans une capitale… La ville s’organise autour de deux rives d’un petit fleuve: une anciennement ottomane avec le vieux bazar, une autre anciennement serbe, et maintenant ville nouvelle. Nos sentiments sont mitigés, et nous pensons que cette profusion excessive de statue révèle la difficulté pour la Macédoine du Nord de se créer un récit historique accepté par les pays voisins. Alexandre le Grand, de Macédoine, est revendiqué par la Grèce, car le territoire macédonien d’où il provient a récemment été conquis par la Grèce. Cette dernière a obligé l’anciennement République de Macédoine à changer de nom et de drapeau. La Bulgarie lui réfute l’héritage de l’alphabet cyrillique… Comme le dit notre ami Quentin « Tout comme la macédoine est un mélange de légumes, la Macédoine du Nord est un mélange de cultures, un pays qui porte le nom d’une salade, peut-il avoir une histoire ». En effet, le pays ayant plusieurs diversités minorités religieuses et ethniques (chrétiens, orthodoxes, musulmans, macédoniens, albanais, serbes, turcs) il est dur de trouver un sujet commun et rassembleur.







Nous pensons que ces difficultés rejaillissent sur les macédoniens et que cela explique leurs comportements froids et distants.
Nous aurons eu des gens aidant, un nous hébergeant dans son restaurant, un autre nous invitant dans son hôtel. Mais à chaque fois après nous avoir aidé, la personne part et nous ne discutons pas…

Le canyon de Matka, si proche de Skopje, est incroyable.



Le parc Mavrovo recèle des vues de montagnes incroyables, tellement que nous ne ressentons pas le besoin de randonner, la vue depuis la route étant déjà parfaite à notre goût.








Et que dire du lac d’Ohrid et de la ville éponyme! La couleur de l’eau turquoise fait furieusement penser à des plages maritimes exotiques, tandis que la vieille ville bien conservée donne envie d’arpenter les ruelles et s’y perdre le temps d’un soir.






Malgré la petite taille du pays, nous aurons l’occasion de revoir Quentin deux fois. Et de croiser deux couples de cyclistes entre Mavroro et Ohrid.

C’est au final un pays dont nous sommes contents de partir, n’ayant jamais réussi à échanger avec les locaux. Également les contrastes saisissants entre l’extrême pauvreté de certains et l’opulence d’autres est presque choquante, après la Bulgarie ou la Roumanie où tout semblait uniformément pauvre. Enfin, la conduite assez folle dans certaines zones, avec des comportements dangereux, nous motive à nous éloigner.



Nous sommes entrés en Bulgarie par le pont de l’amitié bulgare-roumaine, construit entre 1952 et 1954 sur ordre de Staline. Franchir ce pont a été plein d’émotions pour nous, car la Bulgarie marque l’arrivée à la mer Noire.

À la base, la Bulgarie était vraiment un pays que nous ne connaissions pas, et nous y allions car il était sur la route entre la Roumanie et la Grèce, et car il y avait la mer Noire, qui était notre objectif.
La seule chose qu’on savait vraiment est que l’alphabet est différent du nôtre, avec l’alphabet cyrillique. Pierre-Jean sait le lire, mais ne le comprend pas…

C’est quand même pratique, beaucoup de mots ont la même prononciation mais pas la même écriture… Bon, face à un menu, il fait moins le malin…
On nous avait dit du mal de la Bulgarie, comme quoi les bulgares étaient peu accueillants, voire même dangereux, voleurs,…
Or dès le premier soir, alors que nous cherchons un logement, un monsieur nous invite directement chez lui dans une chambre, nous invite à partager leur repas… Cela nous a mis en confiance.

Nous ne le savions pas, mais nous étions dans l’ancienne partie ottomane. Certaines personnes ne parlaient que turc et non bulgare. Ce sont des descendants d’ottomans qui sont restés après la défaite. Nous n’avons pas vu tant que ça de mosquées.

La route vers la mer Noire était peu intéressante après la Roumanie, beaucoup de champs éparpillés à travers les collines. C’était dur physiquement, car nous n’avions jamais de grosses côtes, mais la route ne faisait que monter et descendre. On avait l’impression qu’elle prenait un malin plaisir à aller de sommets de collines au fond des vallons, en maximisant la dénivelée. On a d’ailleurs beaucoup vu de champs de lavande. Le climat est sûrement assez similaire…

Le dernier soir avant la mer Noire, nous allons vers un hôtel. Problème, il est fermé pour cause de Covid-19. Nous demandons à des habitants, qui nous autorisent à planter notre tente et dormir sur le terrain vague à côté de l’hotel.

Instantanément, les voisins se sont relayés pour nous rendre la soirée agréable: on a pu brancher les batteries chez l’un, un autre nous a amené des pêches, du pain, de l’eau et deux tapis qui nous ont servi de couverture pour la nuit ainsi que son code wifi, et le gérant de l’hôtel nous a invité pour partager un verre de vin et utiliser ses toilettes. Au matin, une dame âgée nous a offert 3 pastèques ! Ce n’était pas très pratique sur le vélo, mais c’était très généreux ! On a même réussi à les manger au bout du compte !

Et puis, au détour d’un virage, ça y est nous sommes à la Mer Noire, 5650km pour y aller. Nous sommes très heureux d’avoir atteint notre objectif du voyage. La mer Noire est très belle, avec des airs de Côte d’Azur: des falaises se jetant dans la mer d’un joli bleu, des plages de sable,… Nous sommes restés 2 jours à Varna pour se reposer, préparer la suite du voyage, et profiter de la plage.





Ensuite, nous avons longé la côte pour profiter des vues sur la mer, en allant vers le Sud jusqu’à Bourgas.

Nous y avions réservé une auberge de jeunesse, mais le gérant n’était pas là. Nous avons annulé la réservation, et comme il faisait nuit nous ne savions où aller. Nous avons demandé à un garage automobile qui travaillait encore. Nous avons ainsi planté notre tente en pleine ville sur leur parking. Autant dire que le matin, nous avons plié la tente aux premiers rayons de soleil ! Mais au final ça n’avait l’air de déranger personne, les travailleurs autour nous saluaient…

Et maintenant, changement de cap. Nous rentrons à la maison !!
Revenir à la maison, ça veut dire partir à l’ouest. Nous aurons donc maintenant le soleil de dos le matin, et de face le soir. Ca ne nous enchante pas, donc on réfléchit à des stratégies pour être bien visibles même si les conducteurs ont le soleil de face.
Notre itinéraire après Bourgas nous fait traverser les steppes bulgares. Le regard se porte souvent jusqu’à l’horizon de ces vastes étendues sauvages. C’est dépaysant, et nous imaginons sans mal des chevaux galoper à travers ces vastes étendues. Même si nous n’y avons pas été, cela nous évoque l’image communément répandue de la Mongolie.





Nous arrivons ainsi jusqu’à Plovdiv, qui est la ville d’Europe habitée de façon continue depuis le plus longtemps. Cela fait 6 millénaires ! On trouve donc des théâtres et stades romains, mais également des traces de civilisations antérieures, comme les thraces (aussi appelés Daces en Roumanie). A titre de comparaison, Rome a été fondé en 753 avant Jésus-Christ. C’est une ville charmante, que nous avons beaucoup appréciée !





Après, direction les montagnes, pour découvrir Koprivchtitsa, très importante pour les bulgares. C’est de cette petite ville en pleine montagne qu’est partie la rébellion contre les ottomans en 1876. Bon, la rébellion a été matée dans le sang, mais ça a attiré l’attention de la Russie, et avec son aide le pays s’est libéré en 1878.




Puis direction Sofia la capitale. C’est une ville qui nous a marquée, au pied d’une montagne de plus de 2000m d’altitude, avec des rues piétonnes vivantes, des musées à l’air libre montrant les ruines de rues romaines, de jolis bâtiments,… Fait assez rare, sur la même place nous trouvons une cathédrale chrétienne orthodoxe, une synagogue et une mosquée. Ces 3 religions cohabitent en paix en Bulgarie, et la place est donc communément appelée la place de la tolérance.





Pour l’anecdote, Sofia est devenue la capitale après l’indépendance obtenue contre les ottomans, non pas car c’était la plus grande ville, mais car c’était une des plus éloignées de l’empire ottoman. Il y avait alors 12000 habitants. En 150 ans, ce chiffre a été multiplié par près de 100!
C’est une ville que nous avons bien apprécié, nous retrouvions un peu du parfum de nos villes occidentales, que nous n’avons pas trouvé par exemple à Bucarest, plus grise et triste de notre point de vue.

Et voilà, notre périple bulgare touche à sa fin. Merci à tous nos hôtes qui nous ont accueillis chez eux aussi adorables qu’ils étaient : Ahmed et sa famille, Ibrahim et sa soeur, les villageois, Penna, Jacob et Suzie, Yanna et Pitr, et Asparouk et Georg.



Il ne nous reste plus qu’à monter un col à plus de 1000m d’altitude dans les Balkans pour rejoindre le poste frontière avec la Macédoine. Nous quitterons alors l’union Européenne pendant quelques semaines ! Ce sera donc encore un apprentissage, car nous n’aurons pas de 4G pour chercher une info au milieu de nulle part, ou nous servir de traducteur. Également, comme ce sont plein de petits pays, ce sera dur de s’approprier les us et coutumes d’un pays (il nous faut souvent quelques jours pour nous sentir à l’aise à échanger avec les locaux). Ce sera donc un apprentissage permanent !

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