Nous sommes entrés en Bulgarie par le pont de l’amitié bulgare-roumaine, construit entre 1952 et 1954 sur ordre de Staline. Franchir ce pont a été plein d’émotions pour nous, car la Bulgarie marque l’arrivée à la mer Noire.

À la base, la Bulgarie était vraiment un pays que nous ne connaissions pas, et nous y allions car il était sur la route entre la Roumanie et la Grèce, et car il y avait la mer Noire, qui était notre objectif.
La seule chose qu’on savait vraiment est que l’alphabet est différent du nôtre, avec l’alphabet cyrillique. Pierre-Jean sait le lire, mais ne le comprend pas…

C’est quand même pratique, beaucoup de mots ont la même prononciation mais pas la même écriture… Bon, face à un menu, il fait moins le malin…
On nous avait dit du mal de la Bulgarie, comme quoi les bulgares étaient peu accueillants, voire même dangereux, voleurs,…
Or dès le premier soir, alors que nous cherchons un logement, un monsieur nous invite directement chez lui dans une chambre, nous invite à partager leur repas… Cela nous a mis en confiance.

Nous ne le savions pas, mais nous étions dans l’ancienne partie ottomane. Certaines personnes ne parlaient que turc et non bulgare. Ce sont des descendants d’ottomans qui sont restés après la défaite. Nous n’avons pas vu tant que ça de mosquées.

La route vers la mer Noire était peu intéressante après la Roumanie, beaucoup de champs éparpillés à travers les collines. C’était dur physiquement, car nous n’avions jamais de grosses côtes, mais la route ne faisait que monter et descendre. On avait l’impression qu’elle prenait un malin plaisir à aller de sommets de collines au fond des vallons, en maximisant la dénivelée. On a d’ailleurs beaucoup vu de champs de lavande. Le climat est sûrement assez similaire…

Le dernier soir avant la mer Noire, nous allons vers un hôtel. Problème, il est fermé pour cause de Covid-19. Nous demandons à des habitants, qui nous autorisent à planter notre tente et dormir sur le terrain vague à côté de l’hotel.

Instantanément, les voisins se sont relayés pour nous rendre la soirée agréable: on a pu brancher les batteries chez l’un, un autre nous a amené des pêches, du pain, de l’eau et deux tapis qui nous ont servi de couverture pour la nuit ainsi que son code wifi, et le gérant de l’hôtel nous a invité pour partager un verre de vin et utiliser ses toilettes. Au matin, une dame âgée nous a offert 3 pastèques ! Ce n’était pas très pratique sur le vélo, mais c’était très généreux ! On a même réussi à les manger au bout du compte !

Et puis, au détour d’un virage, ça y est nous sommes à la Mer Noire, 5650km pour y aller. Nous sommes très heureux d’avoir atteint notre objectif du voyage. La mer Noire est très belle, avec des airs de Côte d’Azur: des falaises se jetant dans la mer d’un joli bleu, des plages de sable,… Nous sommes restés 2 jours à Varna pour se reposer, préparer la suite du voyage, et profiter de la plage.
Ensuite, nous avons longé la côte pour profiter des vues sur la mer, en allant vers le Sud jusqu’à Bourgas.

Nous y avions réservé une auberge de jeunesse, mais le gérant n’était pas là. Nous avons annulé la réservation, et comme il faisait nuit nous ne savions où aller. Nous avons demandé à un garage automobile qui travaillait encore. Nous avons ainsi planté notre tente en pleine ville sur leur parking. Autant dire que le matin, nous avons plié la tente aux premiers rayons de soleil ! Mais au final ça n’avait l’air de déranger personne, les travailleurs autour nous saluaient…

Et maintenant, changement de cap. Nous rentrons à la maison !!
Revenir à la maison, ça veut dire partir à l’ouest. Nous aurons donc maintenant le soleil de dos le matin, et de face le soir. Ca ne nous enchante pas, donc on réfléchit à des stratégies pour être bien visibles même si les conducteurs ont le soleil de face.
Notre itinéraire après Bourgas nous fait traverser les steppes bulgares. Le regard se porte souvent jusqu’à l’horizon de ces vastes étendues sauvages. C’est dépaysant, et nous imaginons sans mal des chevaux galoper à travers ces vastes étendues. Même si nous n’y avons pas été, cela nous évoque l’image communément répandue de la Mongolie.
Nous arrivons ainsi jusqu’à Plovdiv, qui est la ville d’Europe habitée de façon continue depuis le plus longtemps. Cela fait 6 millénaires ! On trouve donc des théâtres et stades romains, mais également des traces de civilisations antérieures, comme les thraces (aussi appelés Daces en Roumanie). A titre de comparaison, Rome a été fondé en 753 avant Jésus-Christ. C’est une ville charmante, que nous avons beaucoup appréciée !
Après, direction les montagnes, pour découvrir Koprivchtitsa, très importante pour les bulgares. C’est de cette petite ville en pleine montagne qu’est partie la rébellion contre les ottomans en 1876. Bon, la rébellion a été matée dans le sang, mais ça a attiré l’attention de la Russie, et avec son aide le pays s’est libéré en 1878.
Puis direction Sofia la capitale. C’est une ville qui nous a marquée, au pied d’une montagne de plus de 2000m d’altitude, avec des rues piétonnes vivantes, des musées à l’air libre montrant les ruines de rues romaines, de jolis bâtiments,… Fait assez rare, sur la même place nous trouvons une cathédrale chrétienne orthodoxe, une synagogue et une mosquée. Ces 3 religions cohabitent en paix en Bulgarie, et la place est donc communément appelée la place de la tolérance.
Pour l’anecdote, Sofia est devenue la capitale après l’indépendance obtenue contre les ottomans, non pas car c’était la plus grande ville, mais car c’était une des plus éloignées de l’empire ottoman. Il y avait alors 12000 habitants. En 150 ans, ce chiffre a été multiplié par près de 100!
C’est une ville que nous avons bien apprécié, nous retrouvions un peu du parfum de nos villes occidentales, que nous n’avons pas trouvé par exemple à Bucarest, plus grise et triste de notre point de vue.

Et voilà, notre périple bulgare touche à sa fin. Merci à tous nos hôtes qui nous ont accueillis chez eux aussi adorables qu’ils étaient : Ahmed et sa famille, Ibrahim et sa soeur, les villageois, Penna, Jacob et Suzie, Yanna et Pitr, et Asparouk et Georg.

Mot doux… Une recette de gâteau ! 
Penna, Jakob et Suzie… Mal cadrés… 
Yana et Pitr
Il ne nous reste plus qu’à monter un col à plus de 1000m d’altitude dans les Balkans pour rejoindre le poste frontière avec la Macédoine. Nous quitterons alors l’union Européenne pendant quelques semaines ! Ce sera donc encore un apprentissage, car nous n’aurons pas de 4G pour chercher une info au milieu de nulle part, ou nous servir de traducteur. Également, comme ce sont plein de petits pays, ce sera dur de s’approprier les us et coutumes d’un pays (il nous faut souvent quelques jours pour nous sentir à l’aise à échanger avec les locaux). Ce sera donc un apprentissage permanent !

























