Avec un peu de retard, nous vous dévoilons les 4 jours qui ont façonné un nouveau voyage pour nous, au moins pour un mois…
Alors, retour vers le passé !
Vendredi 28 août, nous sommes encore en Pologne. Nous avons dormi dans le jardin d’un charmant couple. Le matin, c’est l’anniversaire du monsieur, Marek, et ils nous offrent même une délicieuse pavlova au petit-déjeuner !

Autant dire que tout va pour le mieux ! La Pologne nous aura posé quelques problèmes au début, mais à force de persévérance nous avons réussi à l’apprécier et l’adopter !
Nous nous dirigeons avec plaisir vers la Slovaquie. Nous sommes assez impatients, c’est enfin la montagne, le château de Spis… Et également nous avons programmé une première vraie journée de repos.

La Slovaquie arrive, son premier col a plus de 1000m (première fois qu’on monte autant). C’est un nouveau pays, donc on profite et on en prend le pouls, pour ajuster notre conduite. Comme à chaque fois, pour la première nuit dans un pays, nous préférons aller dans un camping pour échanger avec les gens sans s’imposer, et voir la marche à suivre.
Et là, en regardant de façon distraite le journal lemonde, PJ découvre que la Hongrie ferme ses frontières le 1er septembre, soit le mardi qui arrive !! Et comme un malheur n’arrive jamais seul, le gérant du camping nous informe que les personnes arrivant de France seront aussi persona non grata à cette date…
Nous sommes frustrés, nous sommes dégoutés, et après de longues discussions nous décidons de continuer tel que prévu jusque Brno, puis Vienne, puis Bratislava… Et aviser là-bas, en voyant si la Hongrie rouvre ses portes au 1er octobre. Sinon il nous faut soit passer par l’Ukraine (compliqué), soit passer via la Croatie et les Balkans (donc revenir sur nos pas, et probablement manquer de temps), soit revenir plus ou moins lentement en France. On sent en tout cas que nous n’atteindrons jamais la mer Noire.
Le lendemain nous devons aller au château de Spis, donc encore à l’Est. Nous savons que ce sera là le dernier moment où prendre notre décision. Mais il est clair que nous allons faire ce château, nous en rêvons depuis des mois (merci la série the Witcher)

Une fois le château visité, nous allons sur les murailles et parlons à nouveau. Le choix de la raison est de continuer jusqu’à Vienne, puis probablement faire l’Autriche, la Croatie et l’Italie de façon intensive. L’épidémie de Covid-19 augmente, les frontières ferment et vont continuer à le faire, c’est inéluctable !
Oui, mais… Cela fait maintenant un mois et demi que nous roulons et nous sommes plus à l’aise, plus sûrs de nous pour improviser. Et ne pas atteindre la mer Noire, ne pas aller plus à l’est que Varsovie serait quand même un échec… Et puis, quel culot ce serait de jeter tous nos plans à la fenêtre et y aller, comme ça, sur un coup de tête. Ce serait très aventureux ! Après tout, la frontière hongroise est proche. En roulant bien, on pourrait même atteindre la Roumanie le lundi soir.
Car dans notre mésaventure nous avons la chance précieuse de pouvoir agir. Et oui, nous avons vu la nouvelle très vite (2j avant qu’elle n’apparaisse sur le site officiel reopen…), et nous sommes proches de la Hongrie.
Nous respirons, et sur une promesse de revenir un jour faire le Danube de Vienne à Budapest, nous nous décidons à y aller. Le calcul est simple: nous sommes samedi à 17h30. Lundi soir, nous devons être 240 kms plus loin 🙄 En général on roule 70 kms par jour, donc là globalement il faut y ajouter 50 kms… C’est possible des journées de 36h 🤔 ?

Nous roulons donc un peu, et dormons à l’hôtel. Étant pressé, nous nous disons que nous ne pouvons pas perdre du temps à monter / démonter la tente, et surtout nous devons avoir les batteries pleines chaque matin !
Le lendemain matin, nous partons vers la frontière hongroise ! Après 5 km, nous voyons une publicité sur les spécialités culinaires slovaques. On se regarde et on décide de suite d’aller dans un restaurant à Kosice pour les goûter (à noter que quand il s’agit de nos estomacs, la prise de décision est plus aisée 😊 !)

Il est 14h, encore 200 kms d’ici le lendemain… Donc nous faisons une balade digestive dans le centre-ville, très mignon.. . Après tout, il est peu probable que nous retournions à Kosice un jour… Par contre, niveau sens des priorités, on peut faire mieux 😇.
C’est reparti ! Nous entrons en Hongrie par une petite route bucolique, où pas même un ancien poste-frontière ne se trouve. Juste un panneau nous indiquant que voilà, nous sommes dans un pays qui ne veut plus de nous d’ici 33h…
Nous nous arrêtons à un hôtel. Ils doivent être surpris de voir des touristes à vélo en pleine campagne hongroise à 1j de la fermeture des frontières. Ils sont en tout cas très courtois !
Le lendemain, nous ne pouvons plus nous cacher : 130 kms à faire. Heureusement, la Hongrie est une vaste plaine ! Si on voit des collines, c’est probablement un pays étranger ! Et en vérifiant sur la carte, c’est le cas (collines slovaques, puis ukrainiennes, et enfin roumaines !) Globalement l’horizon pour nous est souvent lié à la hauteur des épis de maïs que nous longeons !

Après 30 kms, un hongrois nous interpelle et nous propose un thé. C’est gentil, mais nous devons rouler… En même temps, nous sommes un peu surpris que les gens agissent à contre-courant total de la décision du gouvernement de fermer ses frontières.
C’est à plus de 19h, heure hongroise, que nous arrivons à la frontière. Aucun contrôle côté hongrois mais un côté roumain.. On nous aura surtout posé des questions sur les vélos… Par contre, de l’autre côté, il y a de gros bouchons, beaucoup de gens veulent rentrer en Hongrie avant l’heure fatidique !

On s’arrête quelques kms après à un hôtel, pour une journée de pause. Nous n’avons plus de jus physique et mental, et de toute façon nous avons un itinéraire à tracer, avec la ferme intention d’en profiter pour visiter d’autres endroits. Et pour commencer, les Maramures qui sont toutes proches, que nous souhaitions faire mais qui étaient trop au Nord de notre trajet initial

Nous allons donc rester plusieurs semaines en Roumanie. Nous faisons cap au Sud pour rejoindre le Danube. Après tout, nous étions censés le suivre, et la portion que nous voulions absolument faire, en Serbie, est aussi faisable côté roumain !
Et au moins, nous savons que nous pouvons atteindre la mer Noire (normalement en Bulgarie, mais ça peut encore changer selon l’évolution de l’épidémie…)

Bravo pour cet article plein de rebondissements. On vous embrasse !
Anaïs et Nathan
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