Bilan du voyage

Voilà plus d’un mois que nous sommes rentrés, et nous avons seulement commencé à réaliser le bilan de cette aventure… 

Une partie de nous avait du mal à s’y mettre, car qui dit bilan dit fin. Mais également car quel qu’il soit, ce bilan ne pourra pas révéler l’intensité des émotions vécues, et ce sentiment, assez indéfinissable, d’être chaque jour chez nous et ne plus raisonner en termes de frontières, ou de distances par rapport à un hypothétique chez soi. Cette sensation était incroyable, en particulier en été et début d’automne où les nuits restaient suffisamment chaudes pour les aborder sans crainte. Voici donc quelques nuances de nos diverses nuits.

Mais comme il faut bien un bilan, nous l’aborderons selon quatre thèmes : matériel, physique, mental et financier. 

Bilan matériel

Notre matériel de randonnée, de qualité, a bien résisté. La tente a essuyé quelques griffures de chat, sans baisser sa rigidité. Au niveau des vêtements, nous avions eu beau envisager l’hiver et la pluie; mais nous avons dû un peu investir dans des surgants imperméables afin de garder les doigts au sec quelques heures de plus.

OK, on a parfois eu froid, mais pour notre défense il faisait -5 000°…

Les vélos ont bien résisté 10 000 kms… mais pas tellement plus! PJ a perdu son moteur peu après l’arrivée en France, et Sandrine juste avant l’arrivée finale. Nous avons une légère déception sur ce point (malgré le professionnalisme de Déclic Eco qui a remplacé gratuitement le moteur de la roue de Pierre-Jean). Nous aurions bien aimé continuer d’autres voyages avec ces vélos, et songeons finalement à les remplacer pour d’autres aventures! Pas grave, nous avons vécu 5 mois et demi exceptionnels!

La pluie? Même pas peur!! (surtout à l’intérieur 🙂 )

Bilan physique

Nous ne nous sommes pas blessés, à l’exception d’une côte sur une barre métallique en Roumanie et des bleus éphémères sur les jambes. Par contre, en fin de voyage, nous avons noté que nos corps devaient être fatigués, entre douleurs au dos, à l’aine pour PJ en descendant du vélo, ou tout simplement aux jambes et aux bras. C’est simple, le lendemain de notre arrivée, nous étions déjà chez la chiropractrice! (Merci Cathy :)) Et il nous a fallu au moins deux semaines avant de pouvoir se remettre au sport, avec quelques douleurs au genou. 

On a quand même connu des moments de galère et de grosse fatigue… Ce n’est évidemment pas dans ces moments qu’on a tendance à se prendre en photo…

Bilan mental

A part une mise en route très légèrement difficile au tout début du voyage, notre mental a toujours été bon, et nous nous sommes découverts des ressources mentales insoupçonnées. Nous qui avions du mal à prendre des décisions, nous avons su changer tous nos plans pour traverser en urgence la Hongrie pour éviter la fermeture des frontières. Nous avons aussi réussi à nous faire souvent inviter dans les jardins des gens, et au bout d’un moment chez les gens en Europe de l’Est, alors que nous étions très gênés au début du voyage, nous sentant peu légitimes à demander. Puis au bout d’un moment, c’est venu naturellement. La tombée de la nuit et du froid a quand même pu générer quelques tensions entre nous, souvent dissipées une fois un abri trouvé.

A noter qu’il y a eu plusieurs phases pendant le voyage:

  • la découverte, sur le premier mois et demi, jusqu’en Pologne; c’est la mise en route et le vélo reste encore plus un outil de déplacement qu’une façon d’aborder les gens
  • l’adaptation, 4 jours entre la Slovaquie, la Hongrie et la Roumanie, moment qui a vraiment lancé notre voyage
  • la plénitude, comprenant la Roumanie, la Bulgarie, la Macédoine du Nord, l’Albanie et le Monténégro, où nous sommes le plus dépaysés et avec le plus d’anecdotes
  • l’urgence, entre le Monténégro et le début de la Croatie: la France vient d’annoncer un confinement, nous avons peur que les frontières hors UE ferment
  • l’épanouissement, entre la Croatie et l’Italie: nous avons accepté la situation Covid et nous continuons de nous déplacer, en gardant une forte distanciation sociale et pourtant avec certains échanges riches
  • le retour au monde « normal »: en France, où nous préparons notre retour et sortons peu à peu du voyage
La nuit s’apprête à tomber, nous sommes en plein col, avec encore 300 ou 400 mètres de dénivelés à grimper, les batteries sont quasiment vides, et aucun village en vue… Mais comme à chaque fois, nous avons trouvé où dormir, dans le jardin d’une maison juste après le passage du col (la seule habitée…)

Bilan financier

Sans doute le bilan le plus aisé à réaliser, et pourtant celui qui pour nous reflète le moins le voyage. Nous n’avons pas cherché à économiser à tout prix, et ne nous sommes pas lancés dans une course au budget le plus faible. Ce n’est pas notre vision du voyage. Et comme nous avions prévu un budget pour 14 mois, avec de nombreux visas payant, le passage à un séjour en Europe de 6 mois a forcément beaucoup réduit les coûts. Nous ne voulions pas dormir toutes les nuits en hôtel (que nous avons évité au maximum, sauf dans les grandes villes d’Europe de l’Est), souhaitant le contact avec les locaux; mais dans le même temps si nous avions envie d’une gauffre ou d’une glace à 16h, nous craquions plutôt que de nous limiter à nos barres de céréales / pain (et c’étaient toujours de bons investissements, comme vous pouvez voir!)

Mais au final, nos coûts sont restés limités, avec une moyenne de 13€/jour/personne, avec de fortes disparités par pays. Par exemple, à l’aller en France, nous n’osions pas encore aborder les gens et avons dormi en campings payants. Également, en Slovaquie et Hongrie, pressés par les événements, nous avons préféré réserver des hôtels et avancer jusqu’à la nuit tombée (voire au-delà) plutôt que de nous arrêter avant et risquer d’être bloqué à la frontière. C’est également le cas au Monténégro, où nous avions peur que l’UE ferme ses portes, et avons préféré louer une voiture pour aller explorer les montagnes. En Roumanie, après avoir été choqués par un grave accident qui s’est produit juste devant nous, nous avons dormi 3 nuits à l’hôtel car nous n’arrivions pas à nous remettre pleinement dans le voyage, et avions besoin d’un peu de normalité pour faire le point, retravailler notre itinéraire pour éviter encore plus les grands axes, et tout simplement nous reposer. Parfois, en arrivant dans un nouveau pays, si nous trouvions un hôtel bon marché, nous y allions car nous n’arrivions pas encore à échanger avec les locaux, et ne connaissant pas les us et coutumes, nous préférions éviter de camper et de gêner ou choquer. C’était aussi une façon de finir d’assimiler tout ce que nous avions vécu dans le précédent pays, et se préparer pour le nouveau. Enfin quand le temps froid arrivait, il nous est arrivé (ça se compte sur les doigts d’une main), que devant le refus des gens, nous décidions de prendre un hôtel. En effet, fatigués, nous sentions parfois qu’un rhume arrivait, et nous ne voulions pas gâcher une partie de notre voyage avec une bonne crève (surtout vu la situation sanitaire actuelle!).

Certes nous sommes arrivés ici en voiture, mais nous aurions tant regretté de passer à côté de ces paysages!

L’aspect financier permet donc de prévoir le budget prévisionnel, mais ensuite il faut savoir se faire plaisir, même si le coût semble disproportionné par rapport à nos habitudes de voyages. Pour nous l’exemple le plus fragrant a été les murailles de Dubrovnik, à 25€ chacun. La ville était si belle et les murailles si vides que nous avons voulu vivre ce moment, même s’il explosait notre budget de la journée.

NB: à noter que nous avons été surpris par la quantité d’hôtels dans lesquels nous avons dormi: il a fallu 45j pour notre premier hôtel Sur le retour, et notamment en Europe de l’Est, les prix étaient si bas que parfois nous préférions prendre un hôtel, notamment dans les grandes villes, mais également car parfois, après avoir vécu deux ou trois très belles expériences, nous avions ce besoin qui peut sembler paradoxal de juste se retrouver à deux, écouler notre nourriture, et surtout recharger nos esprits après certains aurevoirs plus durs que d’autres

Au total nous avons dépensé 4400€ pendant le voyage (sans les vélos et l’équipement de départ). La plus grande partie des dépenses a été la nourriture, pour près de la moitié. Viennent ensuite les hôtels, très inégalement répartis sur la durée de notre voyage. Le gros quart restant est réparti pour moitié par des visites touristiques et l’achat de quelques rares souvenirs (épices, musique), et l’autre moitié par les campings et l’équipement manquant (principalement la réparation du réchaud et l’achat des vêtements de pluie qui nous manquaient).

Au final le coût principal reste l’équipement initial: 3000€ pour les vélos, 6000€ pour les panneaux solaires, moteurs et batteries, 300€ pour les bagages de vélo… et évidemment un coût important pour de bons vêtements techniques (que nous avions déjà). Raison pour laquelle nous ne faisons pas de bilans sur ce point. Il est rare de s’engager dans un tel voyage sans avoir au préalable déjà fait quelques autres excursions, et donc de commencer à « nu » et devoir absolument tout acheter avant le voyage.

Et enfin vient la répartition de nos différentes nuits. En orange sont les nuits qu’on a du payer, pour un prix compris entre 50€ (deux fois: la première car il était obligatoire de réserver un hôtel pour valider un formulaire Covid et rentrer dans le pays, et la deuxième après une heure passée avec des carabiniers très gentils qui nous y ont escorté après qu’un habitant les a appelés après nous avoir vus, et nous avons préféré payer un hôtel qu’une éventuelle amende) à 50 centimes (un super camping en Roumanie où des chiens errants ont marqué leur territoire sur notre tente…). Et les nuits gratuites nous ont révélé mille et uns souvenirs gravés dans nos mémoires, et tout autant de belles anecdotes.

Autres données : 

Pays visités :18

Frontières franchies : 21

Jours sur le vélo : 139/163

Crevaisons : 4 (dont 3 au retour en France pour Sandrine)

Chutes : 3 pour PJ et Sandrine a arrêté de les compter…

Accidents : 0

Rhume / gastro / tourista : 0,5

Covid : 0

Pays le + cyclable : Pays-Bas (2è position pour la Belgique et 3è position pour l’Allemagne)

Pays le – cyclable : Roumanie (Ils roulent vite sur certains axes et nous avons été témoins d’un accident qui s’est produit juste devant nous)

Pays le + accueillant : Bulgarie (Italie en 2è position)

Pays le + pauvre : Albanie pour Pierre-Jean, Bulgarie pour Sandrine

Enfin, inutile de nous demander LE pays que nous avons préféré car dans tous il y a des côtés que nous avons adorés et que nous avons moins aimés. C’est une question à laquelle nous ne pouvons pas répondre !

Et pour finir, nous remercions tous nos soutiens: notre famille, nos amis, nos anciens ou actuels collègues, les inconnus sur le blog ou Instagram qui ont su nous motiver par leurs messages; bien évidemment toutes les personnes qui nous ont accueillies chez elle le temps d’un soir, et également nos sponsors: Globedreamers, Declic-Eco, Feel Free, Mood Office et AVI l’assurance internationale. Et mention spéciale à notre donatrice française à Dubrovnik! Et un grand merci à Quentin, alias Ride For Life, pour les nombreuses rencontres à travers l’Europe de l’Est qui ont égayé notre voyage, et aidé à nous y retrouver parmi toutes les modalités Covid!

Et voilà, c’est fini!

2 commentaires sur « Bilan du voyage »

  1. Bravo ! Un joli bilan pour une belle aventure ! Nous avons eu beaucoup de plaisir à vous suivre depuis notre rencontre devant les portes de Dubrovnik. Merci pour vos partages.

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