Accueillante Italie

Nous sommes rentrés en Italie dans un climat sanitaire complexe: en effet c’est le premier pays où des restrictions de déplacement existent à l’intérieur du pays. Nous rentrons par la région de Trieste, où il est libre de circuler et où tous les commerces sont ouverts. Nous ne sommes pas vraiment concernés par le couvre-feu de 22h à 5h: nous sommes couchés à ces heures…

En général, à 22h,on a trouvé un abri 😀

Pour notre première nuit, nous sommes accueillis au rez de chaussée d’une famille italienne, avec tout le confort. Ils commandent même des pizzas ! La sensation est bizarre: l’hospitalité est incroyable, mais du fait du Covid-19, nous ne resterons pas dans les mêmes pièces et échangerons peu. Cela nous gênait, car nous avions l’impression d’abuser de leur gentillesse (bien que nous ne demandions rien), et également nous a ému, car nous avons seulement pu imaginer le moment unique que nous aurions vécus en l’absence du virus.

Ahh les pizaas italiennes !

Le lendemain, lors du départ, notre hôte Marko nous apprend que la région passe de jaune à orange. Donc normalement nous ne pouvons pas changer de localité, mais en tant que français voulant rentrer chez nous, nous le pouvons. 

C’est un coup dur car d’autres régions ont également changé de couleur. Nous devons donc nous adapter, modifier notre itinéraire et renoncer à Florence et à Pise… 

Heureusement Venise reste jaune et nous pouvons donc y aller ! 

Mais avant ça, nous longeons le golfe de Venise et profitons de la riche vie animale dans les lagunes, avec de nombreuses espèces de poissons pêchant.

Le lagunes, calmes et reposantes !

Puis nous arrivons à Venise avec nos vélos ! Le pont de 5 kms pour y accéder est un moment magique. Venise est belle, tout comme l’est la vie de sa lagune !

Venise en vélo… Quasi check 😊 On a du repartir peu après

On ne va pas se mentir, Venise n’est pas faite pour les vélos ! Cela semble compliqué de les laisser en sécurité, donc le lendemain nous prenons les transports en commun pour y accéder. Nous avons peut-être eu la chance de découvrir Venise sous un jour que rarement elle revêt : une Venise calme, libérée de ses flots de touristes (dont nous avons été par le passé), rendue à ses habitants et notamment à ses enfants que nous voyons jouer dans les squares et places de la ville mais également aux locaux, faisant leurs courses, tournant un film sur la place Saint-Marc ou tout simplement se retrouvant entre amis. Les canaux étaient vidés des gondoles, et souvent il nous aura été proposé une balade à moitié prix. C’est évidemment le revers de la médaille : beaucoup de gens se retrouvent sur le carreau, avec une activité faible voire fermée. Il sera probablement dur dans le futur pour les lieux touristiques à trouver une balance entre le bien-être de la population locale, et la bonne santé économique des acteurs touristiques. C’est un équilibre difficile à trouver ! Et comme nous n’avons même pas acheté à manger à Venise, le redressement économique ne sera pas de notre fait…

Après Venise, direction la plaine du Po et de l’Adige. C’est un région réputée horrible pour les cyclistes, avec des paysages peu intéressants. Les deux premiers jours se passent agréablement: le trafic est modéré sur les axes secondaires, et rouler le long de fleuves ou de canaux nous est agréable. Les paysages ne sont pas impressionnants, mais de temps en temps c’est agréable d’avancer sans avoir à s’employer.

Pas de côtes à l’horizon !

Et puis soudainement, à 16h le deuxième jour, nous entrons dans une intense purée de poix. Nous pensons à de la pollution, mais il n’y a pas d’odeurs et les locaux ne semblent pas paniqués. Notre hôte du soir, un prêtre qui nous invite dans son sous-sol, après qu’on ait suivi pendant 4 kms une membre de sa paroisse dans le brouillard, nous apprend que la région est réputée pour son mauvais temps. L’humidité des nombreuses rizières favorise la condensation. Mais il y avait eu 14j de beau temps, jusqu’à 16h ce jour-là, où le brouillard est arrivé soudainement.

Le paysage est très blanc…

Le lendemain nous nous résignons à avancer dans la purée de poix, qui va en s’intensifiant. Nous traversons le Po, mais du pont, pourtant pas très haut, nous ne pouvons voir l’eau ! Pierre-Jean perd Sandrine lors d’un changement de direction… Puis s’arrête aussitôt et crie pour la diriger. Nous en perdons la notion du temps : la luminosité et la température n’auront pas changé de 10h à 16h45! Nous trouvons à nous loger facilement chez un agriculteur, qui se demande un peu ce que nous faisons à vélo dans le brouillard au milieu de nulle part en cette période…

On a froid, mais on garde le sourire !

Le lendemain, le brouillard s’est levé et nous voyons les Alpes à 70 kms. Nous voilà récompensés !

Les Alpes à 70 km§

Nous prenons la direction des Appenins, où nous serons hébergés chez un jeune couple nous offrons d’excellentes pizzas, mais à nouveau sans rester dans la même pièce. Nous partons en espérant avoir l’occasion de revoir certains de nos hôtes et rendre un peu tout l’amour reçu !

Alors que nous approchons du point culminant de notre séjour italien et qu’il fait bien froid dehors (2° ressenti -4°), nous demandons à un papy s’il connaît des refuges, ou s’il est prêt à nous héberger dans son immense garage. Il a alors un réflexe qui nous surprend, nous disant qu’il va appeler les autorités pour nous trouver un lit gratuit au chaud… Nous voulons l’en dissuader, mais trop tard il appelle la police, nous disant d’attendre qu’elle arrive. Heureusement les carabiniers sont particulièrement compréhensifs et intègrent bien qu’à aucun moment nous n’avons voulu dormir dans la maison du monsieur, mais bien dans un abri sans risque de contamination. Et comme il fait froid, ils nous aident pendant une heure à chercher un lieu où passer la nuit !

Le lendemain, nous atteignons la côte méditerranéenne, et remontons vers les Cinque Terre. Nous voulions découvrir les 5 villages en bord de mer de ce parc naturel. Sauf que nous n’avions pas pris en compte la dénivelée ! C’est simple, après Manarola, ce sont pas moins de 500m positifs qui nous attendent, avec des pentes où nous avons du pousser nos vélos ! Et une fois au sommet, alors que nous pouvions simplement nous laisser glisser hors du parc, jusqu’à Levanto, nous descendons les collines pentues jusqu’à Vernazza. C’est sûrement après avoir sué entre 2 villages si proches à vol d’oiseau qu’on comprend le labeur de générations de paysans ayant patiemment construit des champs en terrasse pour leur agriculture. Ce sont des paysages uniques en leur genre, que nous n’aurions pas imaginé découvrir. Nous en aurons sauté notre déjeuner, battu le record du plus faible nombre de kilomètres en une journée de vélo, mais nous aurons adoré tout ce que nous avons vu ! Nous avons été fiers de découvrir cette terre, et soulagés de la laisser derrière nous.

Et ensuite, il s’agit de longer la côte ligure jusqu’à la France. Le soleil est de la partie, et nous remontons assez vite. D’autant que des pistes cyclables sur d’anciennes voies de chemin de fer, à l’abri de la circulation et le long de la mer, nous permettent d’avancer sans risque de se perdre.

Pour le dernier soir, alors que nous sommes à Imperia, nous ne voyons pas où dormir. Au hasard, nous sonnons à un monastère. Au final, une nonne très souriante et une paroissienne parlant français viennent à nous, et nous donnent les clés d’un appartement généralement utilisé par les pèlerins. Nous apprécions cet accueil reçu par la communauté religieuse, toujours sans conditions autre que celle de rendre le lieu en l’état, et indépendamment de notre religion. Ce sont toujours des lieux apaisants.

On est content, on a trouvé où dormir 😀 !

C’est donc la parfaite dernière nuit avant la France, où nous devrons remonter en Bretagne en vélo malgré la situation sanitaire, nos vélos n’étant pas acceptés en train ou en avion. 

Un grand merci aux italiens qui nous ont accueillis chez eux malgré la situation sanitaire difficile : Marko et sa famille, Nicolas dans son parking, Diego dans son établis, Gabriele et Ilaria, Barbara et les religieux. Prenez soin de vous.

Laisser un commentaire

Concevoir un site comme celui-ci avec WordPress.com
Commencer