Le Monténégro : pleins de charmes

Le Monténégro faisait vraiment partie des pays que nous voulions visiter avant même le début du voyage. 

Nous avions prévu une large boucle au Nord du pays dans les montagnes, avant de revenir vers le sud et la baie de Kotor. 

Sauf que, nous avons abordé ce pays le 25 octobre, et le contexte sanitaire était plus propice à être dans un pays de l’Union Européenne plutôt que de s’éterniser à ses frontières. Avec une réunion au sommet de l’UE le 29 octobre, nous avions peur que la décision de fermer l’espace Schengen y soit prise et mise en application le 30.

Mais avant d’en sortir, il faut y rentrer! Et pour cela, un test PCR ou sérologique est nécessaire. Étant un dimanche, et le laboratoire étant fermé, nous avions décidé d’aller à la frontière voire s’ils disposaient de tests rapides. Ils ne nous ont rien demandé, et laissé passer ! Après cette entrée rocambolesque, nous nous sommes dirigés vers la ville de Bar, sur la côte. Les paysages minéraux sont magnifiques et nous annoncent déjà la côte croate proche, ou la côte d’Azur un peu plus éloignée. Et puis après un virage, nous découvrons la mer ! C’est la 3ème mer de notre voyage, après la mer du Nord et la mer Noire. Pierre-Jean est très ému, de se dire qu’en face c’est l’Italie, qui est frontalière à la France. Il reste en réalité de très nombreux kilomètres, plus de 2000 pour rejoindre la frontière française. Mais après 6500 kms, on arrive beaucoup mieux à envisager de telles distances à vélo. 

L’arrivée à Bar à la nuit tombante nous révèle un paysage classique du Montenegro: des montagnes se jetant dans la mer. C’est beau, et pourtant nous ne sommes pas dans une ville touristique ! Quels décors les autres lieux vont-ils nous révéler ? 

Le lendemain, pour éviter un long tunnel, nous avons un col à 800m d’altitude à passer. La route est bonne, et petit à petit nous nous enfonçons dans les nuages. Au sommet, nous ne voyons pas à 100m. Sur le côté est une table d’orientation, et nous pouvons seulement imaginer ce que nous aurions vu ! 

Et soudain, dans la descente, la route face à nous se transforme en piste. Nous, celle qu’on doit prendre c’est en épingle à cheveux, à gauche. La route est alors si peu large que nous ne pouvons croiser des voitures qu’en nous rangeant. Le bitume serpente et ne cesse de croiser un torrent. Souvent la route est alors à plus de 5m de haut du torrent, mais le couvert végétal peut nous tromper. Ce n’est pas le moment de tomber ou de croiser un véhicule ! 

Des véhicules, nous nous ferons dépasser par 2… que nous doublerons peu après, chacun s’étant arrêté un peu plus loin pour parler avec un passant (scène habituelle aux balkans: une voiture pile en pleine route, le conducteur sort et enlace un ami). 

Nous rejoignons les bords du lac Shkoder, du côté opposé à la veille, en Albanie, avant de rejoindre la route menant à Podgorica, la capitale, pleine de pièges (piste cyclable se réduisant à peau de chagrin au niveau d’un pont, mais on est bloqué par les glissières et devons enlever les bagages pour passer, canalisations non protégées, rebords de 20 cm…). Un bonheur… C’est également en arrivant à Podgorica que nous nous rendons compte que la journée est passée bien vite, en effet, la passage à l’heure d’hiver a fait son effet. Résultat, il fait nuit à 16h45 ! Coup dur ! Nous qui finissions nos journées vers 18h30 en Bulgarie.

Nous mangeons alors avec Quentin, que nous verrons pour la dernière fois du voyage. C’est l’occasion de découvrir ensemble la capitale… La ville n’a pas vraiment de charme et ne tente pas d’avoir un ou deux beaux bâtiments… Le plus beau est le pont du Millénium, offert par la Russie… Pour le reste, cela fait ville besogneuse, tournée vers l’aspect pratique avant la beauté architecturale. 

Le lendemain, et pour 2 jours, nous louons un véhicule. Nous n’avons pas trouvé d’autres façons pour visiter le nord du pays tout en respectant notre échéance du 30 octobre. Également, la météo prévisionnelle, au moment de notre choix, indiquait un mix pluie et nuage. Au final nous aurons un beau ciel bleu ! 

Au moment où nous partons en voiture, nous avons l’impression de foncer alors que nous sommes à… 40 km/h (parfois 50, en ligne droite). Étonnamment, même les poids lourds nous doublent… 

Nous commençons notre voyage par longer la rivière Moraca, dont la pureté de l’eau évoque les montagnes. Non seulement nous roulons lentement, mais nous ne cessons de nous arrêter pour des photos. 

Très vite, nous voyons les montagnes qui grandissent, jusqu’à monter brutalement à 1000m d’altitude, afin de découvrir les gorges de Tara, dont un des ponts est une figure emblématique du pays. Et effectivement, la vue est magnifique. Nous notons d’ailleurs la présence d’au moins 4 tyroliennes passant d’une rive à l’autre, pour amateurs de sensations fortes. C’est d’ailleurs usuel d’en voir, le pays s’y prêtant bien. 

Nous repartons en direction du parc Dormitor. Il est incroyable, nous avons l’impression de rouler au milieu des montagnes, et les paysages sont du même style que ceux visibles lors d’une randonnée à pied. Nous avons mis 2h à traverser le parc en voiture, mais nous aurions pu y passer une journée en vélo, et en redemander ! La redescendre avec de multiples épingles taillées dans la roche est incroyable. 

Le soir venu, nous nous rendons compte que nous avons roulé entre 6 et 7h,et avons fait 260 kms, sans jamais avoir l’impression de nous traîner! Après plus de 3 mois à vélo, faire tant de kms et de dénivelées en une journée nous impressionne. On a tendance à l’oublier car maintenant il existe le TGV ou l’avion, mais la voiture est un moyen de transport tellement rapide ! 

Le lendemain, direction le monastère d’Ostrog, situé sur les hauteurs d’une montagne. En vélo, il est possible que nous l’aurions ignoré, car monter plus de 500m de dénivelée pour un monastère est assez frustrant, surtout si celui-ci ne nous comble pas… 

Puis nous partons tout au Sud, vers Budva. La vieille ville est très mignonne, mais les constructions récentes évoquent Monaco, avec de grands travaux de fondations spéciales pour construire des villas en pleine colline, au plus près de la mer. On sent que c’est une ville très internationale… En repartant, nous verrons le long de la route une maison dont les fondations ont mal du être réalisées… Le sol s’était en partie écroulé et la maison penchait à environ 30°! Dommage, nous l’avons vu trop tard pour une photo ! 

Le soir arrive déjà et il est l’heure de rendre la voiture. Podgorica est tellement active que le seul loueur à la gare centrale (la plus importante du pays donc) ferme à 16h…

En 2 jours, nous aurons parcouru le pays du Nord au Sud ! 

Le lendemain, nous mettons le réveil de bon matin. Au programme, plus de 1500m de dénivelée pour atteindre Kotor. Nous avons un peu peur de ne pas y arriver, donc on veut profiter un maximum du soleil. Heureusement la route est bonne, et le soleil présent. À 14h, nous voyons Kotor, 1000m sous nous. Encore 15 kms environ et 25 épingles. Un vrai bonheur ! Sauf qu’une vis du vélo à Sandrine casse (elle s’est prise le haut d’un poteau quelques jours avant contre le panneau… et nous n’avons pas trouvé ni vraiment cherché de vis, croyant en notre bonne étoile). Ça nous gâche un peu la soirée, car le lendemain nous devons trouver un garage pour percer la vis, fileter l’intérieur et la retirer… On marche donc dans la ville le soir en repérage, et trouvons une quincaillerie nous indiquant un tel garage pour le lendemain ! 

Le lendemain, après une visite matinale des murailles de Kotor, et 2h au garage pour la vis, nous voilà prêt à rentrer à nouveau dans l’UE. Nous quittons la baie de Kotor avec un pincement au cœur, tant la météo s’est mise au service des paysages pour admirer cette double baie, qui évoque les fjords norvégiens. 

Il fait nuit quand nous passons la frontière. D’ordinaire nous nous serions arrêtés avant, mais nous avions peur d’être bloqués hors de l’espace Schengen.

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